Raideurs, engourdissements, picotements… Les douleurs au poignet sont particulièrement contraignantes dans la vie quotidienne du coiffeur. Quels peuvent être les facteurs de risque ? Et les solutions proposées ?
Les mains d’un coiffeur se contorsionnent volontiers lorsqu’il s’agit de faire son travail avec professionnalisme. Mais exécutés à la chaîne, ces gestes quotidiens, d’apparence anodine, ne sont pas sans conséquence. En effet, à force d’être sollicités, les muscles, les tendons, les ligaments, les cartilages et les nerfs qui entourent l’articulation du poignet finissent par s’user avant l’heure.
Les symptômes
« Le maître symptôme, c’est la douleur », lance tout de go le docteur Pascal Gillet, docteur et président de Médialane, une plate-forme qui accompagne AG2R La Mondiale dans ses programmes de prévention santé professionnelle et personnelle.
La douleur peut être multiple et évoluer avec le temps : picotements dans les doigts, engourdissements du bras, brûlures, décharges électriques, fourmillements… D’abord ressenties comme une gêne articulaire, les douleurs apparaissent plus vite lors des activités, mettent plus longtemps à disparaître au repos et commencent à réduire les capacités fonctionnelles du poignet. Enfin, d’autres signes, comme une inflammation douloureuse ou une perte de force musculaire, se manifestent.
Les facteurs de risque
« Si ces inflammations et microlésions ne sont pas médicalement et rapidement prises en charge, et si les facteurs responsables de leur apparition ne sont pas corrigés, les affections non traumatiques de l’articulation du poignet, les tendinites ou encore le syndrome du canal carpien [compression du nerf médian au niveau du poignet] peuvent devenir chroniques. On parle alors de troubles musculosquelettiques [TMS], qui représentent la première cause de maladie professionnelle.* »
Et, parmi ces pathologies, le poignet et la main constituent, en France, 45 % des troubles musculosquelettiques des membres supérieurs (TMS-MS). « Seul un examen médical saura détecter la présence de TMS et évaluer les facteurs responsables, explique le docteur Gillet. Selon les cas, un traitement médical pourra vous être conseillé pour soulager les maux. » Il ajoute : « Selon la pathologie diagnostiquée, une intervention chirurgicale de la main ou du poignet pourra être nécessaire pour soigner le coiffeur. »
Bonne posture et relaxation
Les TMS du poignet représentent un des risques du métier mais ne sont pas une fatalité. Deux points essentiels permettent d’appliquer l’adage selon lequel « mieux vaut prévenir que guérir » : bonne posture et relaxation. Pour mettre en pratique le premier commandement, il faut veiller à ce que la colonne vertébrale soit toujours alignée. Se tenir droit étant la règle de base, reste à garder ses distances avec la cliente. Autrement dit, les bras doivent être tendus.
Au bac, il faut éviter de « casser » le poignet et de le mettre en hyperflexion. Quant aux ciseaux, ils doivent être tenus entre le pouce et l’annulaire lors de la prise du peigne pour éviter les tendinites du pouce. Dernier point, mais non des moindres : choisir un sèche-cheveux le plus léger possible. Des fabricants, comme Parlux, Babyliss Pro, ghd ou encore Velecta Paramount, ont fait de gros efforts dans ce sens.
* Source : invs.santepubliquefrance.fr
S’échauffer ?
N’hésitez pas à pratiquer régulièrement des exercices d’assouplissement du poignet dans la journée : relâchement de la main et mouvements de flexion intérieurs et extérieurs. Pour parfaire l’exercice, placer les bras le long du corps, et, à plusieurs reprises, relever les doigts au maximum vers le ciel. Rien de tel pour détendre les muscles des avant-bras.
Biblond, pour les coiffeurs !









