Son salon se situe « en aparté ». C’est le joli nom que David Lucas a donné à son salon de coiffure, rue Danielle Casanova. Le coiffeur de 38 ans, originaire d’Arcachon, a découvert le concept du salon en appartement chez René Furterer où il a travaillé pendant près de dix ans. Rentrer dans une cour, monter à l’étage et pénétrer dans un havre tranquille…
Pour les clientes, c’est comme être chez soi, en retrait du quotidien. Déterminé, David Lucas a cherché pendant dix mois le lieu qui lui paraissait idéal. Il rêvait boiseries, moulures, hauteur sous plafond. Il souhaitait un espace ouvert dans l’entrée pour ne pas donner une sensation d’étouffement. Et puis un emplacement idéal, dans le centre de Paris.
Le coiffeur a trouvé sa perle près de l’Opéra et de la place Vendôme. Au deuxième étage du 20, rue Danielle Casanova, la porte s’ouvre sur un large vestibule, éclairé par un soleil de printemps. Le salon forme un coin d’immeuble sur cour, clair et adouci par des tons gris. La palette vient de chez Flamant, un délicat camaïeu de stone, aubergine et dauphin. Si les deux bacs à shampooing en corner camouflés de l’entrée viennent de chez Pietranera, tous les meubles ont été chinés.
«J’adore chiner aux puces de Saint-Ouen. Le dimanche, je vais là-bas pour déjeuner au soleil et me balader, pas forcément pour acheter, raconte le coiffeur avec passion. Une reconversion pourrait être d’ouvrir une petite boutique avec des objets dégotés dans toute la France. » Exemple : la banquette Louis XVI, sur laquelle il est assis et dont il caresse le tissu. Achetée aux puces, décapée et recouverte d’un tissu assorti au ton du mur, qu’il a trouvé au Marché Saint-Pierre.
Une cliente arrive. Anthony l’accueille et la fait entrer dans la vaste pièce principale. Avec la récente arrivée de Steven, ils sont trois coiffeurs à officier. Benjamin, le cousin de David, s’occupe, lui, des relations publiques et des dossiers de presse. Si ce n’était le téléphone qui sonne à intervalle régulier, l’atmosphère respire la sérénité et la bonne humeur de David Lucas, qui adore le contact avec la clientèle. « Anthony, tu peux répondre ? » Formé en apprentissage à Arcachon, le coiffeur a tout de suite réalisé que ce qui lui plaisait notamment dans ce métier, c’est le relationnel.
« À chaque fois qu’une personne arrive, je fais très attention à l’accueillir et, sans peignoir, à discuter face au miroir. » Un autre aspect sur lequel il reste exigeant, c’est de prendre les rendez-vous à l’heure et de rester toujours dans les mêmes durées.
L’osmose a été instantanée avec Paris. Bordelais pendant dix ans, il pensait revenir dans sa région pour y ouvrir un salon. Il a pris racine. Il adore la citadine parisienne. Il cherche constamment à se renouveler, ce qui lui paraît une qualité innée chez un coiffeur, et la rue parisienne demeure sa source principale d’inspiration.
Quand David ne se trouve pas au salon, c’est qu’il a pris quelques jours pour voir du pays, Miami en janvier, Marrakech en avril… Et engranger des photos est une autre corde à son arc. « La coiffure est un art éphémère, que fixe la photo. J’aimerais arriver à être complet en photographiant mes modèles. » On sonne à la porte, il se lève et va bichonner sa première cliente de l’après-midi…
Biblond, pour les coiffeurs !







