Mario Lopes : tout en simplicité

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La veille, la télévision portugaise le filmait dans son salon de l’avenue Mozart. Ce matin-là, comme d’habitude, il ouvre à 9h30. Aucune prétention, Mario Lopes vient pourtant d’être élu Meilleur Coiffeur de l’année aux derniers Hairdressing Awards qui se sont déroulés le 6 février au Carrousel du Louvre, à Paris.

C’est la seconde fois, après un premier trophée remporté en 2006. Depuis cinq ans, le coiffeur d’origine portugaise est sorti de sa coquille pour montrer ce dont il était capable. Un déclic lui est venu un jour en regardant travailler un coiffeur de haut niveau.

« Je me suis dit : il faut que je me bouge, raconte-t-il. Ce n’est pas normal qu’il en soit arrivé à ce niveau-là et moi pas. » En 2005, Mario repère l’annonce pour la compétition avec l’envie d’enfin se mesurer. « J’ai misé sur la coiffure la plus simple possible, qui ne soit pas trop exhibitionniste, qui puisse se réaliser en salon. » Bingo !

 

Simplicité paraît être le maître mot de ce coiffeur de 48 ans qui a longtemps exercé en banlieue, à Bondy, avant de s’installer à Paris en 2003. « J’aime les choses simples, rigoureuses. Je crois que je donne l’image de sérieux. » Blanc épuré et profond, son salon a su se faire une clientèle. Avant le trophée, son carnet de rendez-vous était déjà rempli plusieurs semaines à l’avance, le bouche à oreilles fonctionnait bien.

Attentif à ses clientes, il estime qu’un coiffeur doit toujours se demander : « Qui va porter ça ? » « Malgré toutes les contraintes qu’on peut avoir, entre la matière, la longueur…, il reste toujours une part de créativité, explique-t-il. Un centimètre de différence dans une coupe et vous changez complètement l’équilibre. Le cheveu doit garder une mémoire, la cliente doit pouvoir se recoiffer sans problème. »

Son style n’est pas académique.Mario Lopez parle de sculpture. « Je focalise sur les volumes qui me gênent et après je réalise ma coupe. J’essaie d’oublier mon métier tant que je n’ai pas commencé les ciseaux. »

 

La reconnaissance lui a permis d’envisager un vrai tournant dans sa carrière. Désormais, il réalise régulièrement des dossiers de presse et au moins une collection par an. Pour la dernière, qu’il a cogitée en avril 2010, Mario s’est inspiré des années 1950. C’était aussi la tendance de la dernière Fashion Week. « Comme quoi, il y a des ondes qui traînent ! Nous étions arrivés à des coiffures tellement plates, tellement pas coiffées, qu’il fallait repartir dans l’autre sens », remarque celui qui adore les films de Hitchcock avec leurs femmes sublimes et apprêtées.

 

Ses succès artistiques redessinent un autre équilibre. Il rêve d’une solide collaboration en direction artistique avec une marque. Faire aussi de son nom une marque en développant plusieurs points. « Mais il faut aussi tomber sur la personne qui m’aidera à le faire. Je sens que ça viendra. Je fais confiance aux rencontres. »

 

Sa première cliente passe le pas de la porte. Il est 9h20.Une journée reprend dans son salon.Mario Lopes sait qu’il faut attendre le bon moment…

 

Mario Lopes
88 bis, avenue Mozart
75016 Paris
Tél. : 01 45 27 37 30
http://www.mariolopes.fr