« Je me couche en pensant coiffure et je me lève en pensant coiffure. « Voilà plus de vingt-cinq ans que Christophe Gaillet a choisi ce métier. L’envie reste intacte. La roue a pourtant beaucoup tourné.
Le jeune apprenti originaire de Dax a laissé la place au réputé Coiffeur ambassadeur de L’Oréal Professionnel, devenu en 2006 directeur artistique de la Haute Coiffure française. Le champion du Monde de coiffure au début des années 1990 a ouvert son salon, une autre facette de la profession.
Alors qu’il vient de fêter ses 43 ans, Christophe Gaillet songe plus que jamais à insuffler sa passion. Depuis dix ans, il parle des essentiels de la pratique. « J’ai appris à écouter, regarder et transmettre. Quand un jeune vous dit : “J’ai appris et je m’en suis sorti”, c’est ce qu’il y a de plus beau ! »
De son dernier projet, il parle avec émotion. Le coiffeur français s’associe à une star de la profession polonaise, Lejeck Chaka. Le tandem a concocté un plan de formation. « À partir de mars 2011, nous allons organiser une semaine de stage par mois à Cracovie, en déclinant plusieurs modèles de coupe. » La collaboration ne s’arrête pas là puisqu’ils préparent aussi une collection, la première de Gaillet à l’étranger.
Pour arriver à ce niveau, pas de recette miracle. « Travailler, travailler, travailler. » Christophe Gaillet prend volontiers pour comparaison la musique. « Un musicien doit apprendre la gamme et répéter trois heures par jour. Le coiffeur, c’est pareil. »
Les bases lui paraissent incontournables. Il évoque Maurice Franck, coiffeur très connu dans les années 1960-1970, qui avait la notion du travail classique. « Il faut connaître le cheveu, sa qualité, le lissage, l’attache. Ensuite, une ondulation, c’est compliqué. Il faut en passer par là pour comprendre le cheveu, le volume. En coiffure, tout ce qui est simple est difficile. »
L’apprentissage est un moyen de mieux s’en libérer et de gagner en créativité. « Travailler beaucoup permet d’oublier la technique et de laisser ses mains s’exprimer. » Habitué de la scène depuis qu’il arpente le monde pour L’Oréal Professionnel, il raconte comment il atteint cette sensation jubilatoire dans certains shows quand il a l’impression que ses mains parlent toutes seules.
Pour être sans cesse inspiré, Christophe Gaillet se nourrit. Des images des pays traversés – il fait un voyage par an pour le plaisir. Depuis son périple en Birmanie, il y a cinq ans, « il y avait Christophe avant et Christophe après ». Contempler le Taj Mahal, passer une soirée à Tokyo, être sur une pirogue avec des pêcheurs birmans à la tombée du jour… « Ces moments-là ne me quittent pas. » Et quand il se promène dans sa campagne landaise, il aime sentir la forêt d’automne et les effluves de la mer. Ces instants qui suscitent aussi des réminiscences de l’enfance.
« Je dis aux coiffeurs : la coiffure, c’est 50 % d’émotion et 50 % de technique. » Une coiffure doit susciter la même émotion que l’écoute d’un morceau de musique classique. Les compliments sont alors comme une récompense qui se déguste. Récemment, après un show de trente minutes pour L’Oréal, Christophe Gaillet a été vivement applaudi. Quelqu’un qu’il côtoie depuis longtemps lui a dit alors cette phrase magnifique : « Je suis contente de te connaître. »
Le Studio
14, Allée du Cadran
64600 Anglet – France
www.christophegailllet.net
Biblond, pour les coiffeurs !












