Prendre de la distance par rapport à ce que vous faites de vos mains n’est pas facile, mais c’est indispensable pour progresser…
Dur, dur, de s’entendre dire que ses réalisations sont perfectibles, voire ratées ! Ravaler son amour-propre pour accepter la critique est bien plus facile à dire qu’à faire… « La clé, c’est qu’il ne faut pas confondre ce que nous sommes et ce que nous faisons, indique Elisabeth Damour, consultante en ressources humaines du cabinet Suivi d’effets. Il faut s’habituer à être évalué, mais cela doit se faire dans un cadre défini, avec une grille de critères objectifs. En étant suivi et aidé, on apprend à prendre de la distance. »
Souvenez-vous toujours que c’est votre travail que l’on juge et non votre personne. Par exemple, si votre manager critique une coupe ou une couleur que vous avez réalisée, essayez d’oublier que c’est vous qui l’avez faite. Imaginez qu’un collègue en est l’auteur et que votre manager vous demande votre avis. Nous ne sommes pas tous à égalité sur ce plan.
Pas tous égaux devant la critique
Selon les caractères, la critique est plus ou moins difficile à accepter. « Les individus très émotifs manquent de confiance en eux et se sous-évaluent en permanence. Une mimique de la cliente va immédiatement être interprétée comme un signe de déception ou de reproche par exemple. Ces personnes sont naturellement plus fragiles face au regard de l’autre. Elles n’arrivent pas à s’auto-évaluer, or il faut être capable de porter un regard extérieur sur ses créations ou sur son travail, afin de se dépouiller de ses propres sensations », rappelle Elisabeth Damour.
Autre profil, les gens qui se surévaluent, qui refusent la réalité et rejettent les fautes sur les autres. « Ces personnes craignent en fait l’évaluation et ne l’acceptent pas. C’est une erreur, car la critique permet de progresser », souligne la coach qui rappelle que les plus grands coiffeurs sont passés par un apprentissage. Si vous ignorez les critiques, vous êtes susceptible de réitérer les mêmes erreurs. Vous perdez surtout l’occasion de bénéficier de précieux conseils. Prenez des notes sur ce que l’on vous dit, vous pourrez les relire à tête reposée afin de mieux comprendre où se situe le problème. Des conseils valables en salon, mais aussi dans la vie personnelle !
Des formations en développement personnel
Il est possible de se former pour apprendre à se connaître et reprendre confiance en soi. Des formations dans le champ du développement personnel existent et sont accessibles pour les managers comme pour les salariés. Ne les considérez pas comme moins utiles qu’un stage de coupe, elles peuvent réellement vous aider à progresser… et à mieux coiffer !
L’avis de Laure Gabillet
Afin d’éviter tout désagrément et déception, il faut apprendre à analyser les relations interpersonnelles en salon. Il faut déchiffrer les modes de communication de chacun : coiffeurs-clients/coiffeurs-collaborateurs. Chaque personne a son propre seuil de tolérance ou de vexation. Il est donc très utile, pour ne pas entraver les possibilités de développement de chacun, de faire bien attention à son mode d’expression et d’avoir le réflexe de prendre du recul pour ne pas faire « éponge » face à toutes les critiques des clients ou collaborateurs !
Biblond, pour les coiffeurs !







