Lire sur le visage comme dans un livre

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Et si vous déceliez la personnalité de votre cliente en observant les traits de son visage ? C’est le principe de la
morphopsychlogie, qui trouve des applications en coiffure.

 

La morphopsychologie part du principe que les traits du visage révèlent notre personnalité. Un visage carré témoigne d’un caractère direct, rectangulaire : signe de discrétion, rond : de personnalité extravertie. Cette discipline, créée par un psychiatre nantais, Louis Corman, en 1937, peut trouver des applications en coiffure.

Marc Dugast, coiffeur diplômé en morphopsychologie, a créé la Morphocoiffure : « Ma méthode aide à trouver la coiffure qui correspond le mieux à la personnalité, celle avec laquelle la cliente se sentira bien, confie-t-il. C’est le contraire du visagisme : la Morphocoiffure ne cherche pas à gommer les traits du visage. Une femme au visage rond ne se sentira pas bien avec les cheveux plaqués. Extravertie, elle se sentira mieux avec du volume, des boucles. »

Marc Dugast ne s’appuie pas seulement sur les caractéristiques du visage, mais aussi sur la silhouette, le style. « C’est un tout qui nous dicte la coiffure adaptée », souligne-t-il. Pour autant, Marc Dugast n’invite pas ses coiffeurs à jouer les psychologues : « Ce n’est pas notre rôle et cela peut mettre la cliente mal à l’aise. »

 

Un pas vers l’autre

La morphopsychologie peut également faciliter la communication avec la clientèle. « Nous exerçons un métier de communication, souligne Patricia Rameau, art director chez Toni&Guy, qui a suivi plusieurs formations sur le sujet. Les bases de morphopsychologie me permettent de savoir comment m’adresser à une cliente en fonction de sa personnalité. »

D’après les lois de la morphopsychologie, notre visage comprend trois zones, correspondants à trois attributions : le haut du visage est dit « cérébral », la zone médiane est celle de l’affectif et la zone inférieure correspond à l’instinctif. En interprétant ainsi le visage, on peut analyser une personnalité. « Mais attention, il s’agit toujours de comprendre, jamais de juger », prévient Patricia Rameau.

 

Une source d’énergie stimulante

S’initier à la morphopsychologie peut vous permettre de trouver une nouvelle dynamique dans votre travail. Stephan Infantino, coiffeur dans les Bouches-du-Rhône, apprécie beaucoup cette nouvelle compétence : « Je me suis formé à la morphopsychologie et cela a changé ma façon de coiffer : je suis beaucoup plus réfléchi, je prends le temps de comprendre ma cliente, ce n’est plus jamais quelque chose de mécanique. »

 

OÙ SE FORMER ?

  • Marc Dugast propose des formations en Morphocoiffure, sous la forme d’un stage de deux ou trois jours, ainsi qu’une initiation à la morphopsychologie.
  • L’école Saint-Louis propose des formations pour les pros en morphocoiffure.
  • Claude Julliard propose dans toutes la France des stages « morphicoupe », « morphicolor » ainsi qu’un module approfondi sur sa méthode « visagisme total look ».

EN SAVOIR PLUS :

  • ABC de la morphopsychologie, de Carleen Binet, éditions Grancher.
  • Morphopsychologie : Le Visage, miroir de la personnalité, de Patrice Ras, éditions Jouvence. – Le site de la société française de morphopsychologie : http://www.morphopsychologie.org

 

Virginie de Rocquigny

 

*Taj, invité à la rédaction :

« Notre métier est complexe, parce que nous travaillons avec des humains… La prise en compte de l’individu dans sa globalité est un facteur de compréhension déterminant.

Dans l’échange coiffeur/client, le non-dit a une part importante. Il est capital pour assurer la satisfaction de nos clients d’être en mesure de décrypter leur comportement. Toutes les méthodes qui peuvent nous permettre de parvenir à nos fins sont des bonus. »