Le choix du tutoiement ou du vouvoiement, quel casse-tête ! Doit-on oser le « tu » avec ses clientes et à quelles conditions ? Les conseils de Biblond…
Ah ! comme on aimerait, parfois, être Anglais pour ne jamais avoir à hésiter entre le tutoiement et le vouvoiement… Mais c’est l’une des subtilités de la langue française, et il faut faire avec ! En salon de coiffure, pas facile de savoir quelle est la formule la plus adaptée. « Il n’y a vraiment pas de règle en la matière, confie Sébastien Nicoud, du salon Talon Aiguille, à Annecy. En général, je calque mon comportement sur celui de ma cliente. Mais, dans certains cas, passer au tutoiement facilite la communication, il faut le proposer. C’est vraiment du sur-mesure ! » Il faut donc faire preuve de tact et savoir s’adapter au profil de sa cliente.
Attention, car certaines n’apprécient pas du tout la familiarité. « Pas question qu’un coiffeur me tutoie d’emblée, sans me le demander, j’aurais l’impression qu’il me prend pour une gamine, ou pour sa copine », s’insurge Florence, 26 ans. Pour cette jeune Parisienne, le tutoiement immédiat marque un manque de politesse. « Mais si c’est un jeune et qu’il me le demande simplement, j’accepte le tutoiement avec plaisir, poursuit-elle. Je me sentirais plus en confiance, plus proche. En un sens, ça me rassure. »
Pour Sabrina, jeune coiffeuse et blogueuse (www.sabrinalicious.fr), quand les clientes proposent le tutoiement, ce n’est pas toujours une bonne idée d’accepter. « Cela casse la barrière qui est censée exister entre les clientes et moi, écrit-elle sur son blog. Je trouve qu’une cliente se permettra plus de réflexions
si cette proximité existe. Et de mon côté, j’aurais tendance à lui parler
comme je parlerais dans la rue ! »
C’est bien le danger : emportés par la proximité induite par le tutoiement, certains oublient de surveiller leur langage. « Les apprentis que je reçois ont parfois tendance à tutoyer trop facilement, confie Sébastien Nicoud. Il faut les reprendre, leur expliquer. » Attention, il faut aussi savoir que le « tu » dès la première rencontre est beaucoup plus courant dans le sud de la France que dans le nord. Un vrai casse-tête, on vous avait prévenus !
JE, TU, VOUS… UN PEU D’HISTOIRE
Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le vouvoiement prédomine largement dans la société française. C’est le philosophe Jean- Jacques Rousseau qui recommande l’usage systématique du « tu » en famille, juste avant la révolution. Aujourd’hui, sous l’influence du « you » anglais, le tutoiement est de plus en plus répandu.
Virginie de Rocquigny
Xavier Grange, Invité à la rédaction :
« Le vouvoiement est à favoriser en salon. C’est beaucoup plus élégant et rafiné. Vous apportez dès le début une valeur ajoutée au service en salon. Le « tu » est à banir d’emblée. À moins d’être dans un de ses lieux hype branché et jeune.
Le vous peut d’ailleurs flatter certaines clientes. Il faut savoir gérer à l’intuition souvent, pour déceler si la relation d’intimité est assez forte pour pouvoir introduire le « tu ». Toujours à utiliser avec parcimonie ! »
Biblond, pour les coiffeurs !







