Le système de dons d’internautes n’est pas réservé aux artistes. Toutes sortes de porteurs de projets s’y mettent pour trouver des fonds. Même les coiffeurs.
« Vous n’êtes pas assez “bankable.” » Voilà ce qu’un banquier a répondu à Sylvie Berthelot, coiffeuse à Paris, quand elle a demandé un crédit pour réaliser des travaux dans son salon. Alors, pour pouvoir refaire sa peinture et sa déco, elle a demandé aux internautes de l’aider, à hauteur de 3 000 euros, sur le site Bulb in Town. Et ça a marché !
Souvenez-vous, c’est grâce au crowdfunding – traduisez financement participatif – que le chanteur Grégoire a pu émerger.
Comment créer son projet ?
Il faut d’abord choisir la plate-forme qui colle le mieux à son projet (voir ci-dessous). Préparer un petit texte accrocheur et mettre en avant ses objectifs : achat de matériel, travaux, financement d’une collection… Le coiffeur fixe le montant à atteindre à une date butoir. Ensuite, aux internautes de jouer. Ce sont leurs contributions qui, ajoutées les unes aux autres, permettent au projet de se réaliser. Et c’est sans risque pour ceux qui cliquent. Si la collecte n’atteint pas les 100 %, les participants sont remboursés.
Un soutien récompensé
Pas de pure générosité, le crowdfunding repose sur la contrepartie. En fonction du montant donné, l’internaute est récompensé. Exemple, dans le projet de Molly Mood, un don de 10 euros = un bon d’achat de 20 euros, 75 euros = un cours de chignon, 200 euros = coiffure à volonté pendant deux mois… Un système gagnant/gagnant encensé par Sylvie Berthelot : « Les clientes qui ont donné sont encore plus fidèles. »
Faire jouer son réseau
Car ce sont d’abord les habitués du salon qui participent, reconnaît Sylvie Etchebarne, inscrite sur My Major Company.
« Les clientes m’apprécient et savent qu’elles vont en profiter, qu’elles seront mieux installées. Ou alors ce sont des amis qui donnent, des gens du coin qui me connaissent bien », poursuit cette coiffeuse d’un village du Sud-Ouest, à la recherche de 3 000 euros pour financer un bac à shampooing massant et une table de modelage crânien.
À moins d’une idée vraiment originale ou d’un projet solidaire, difficile pour un entrepreneur de séduire un internaute lambda. D’ailleurs, les quelques projets de lancement de salons mis en ligne ont tendance à faire flop. Le crowdfunding, ça fonctionne, mais ce n’est pas non plus une solution miracle.
QUELQUES ADRESSES UTILES
- projets divers : mymajorcompany.com et kisskissbankbank.com qui font partie des leaders français du crowdfunding
- projets entrepreneuriaux : notrepetiteentreprise.com
- projets de commerces de quartiers : bulbintown.com
- projets créatifs, solidaires, ou à portée citoyenne : fr.ulule.com • projets engagés et solidaires : octopousse.com
L’avis de Stéphane Macquaire
« Je réfléchis actuellement à ce type d’action afin d’aider un ami pêcheur sénégalais à pratiquer son métier dans de meilleures conditions et ainsi faire vivre sa famille ».
Biblond, pour les coiffeurs !







