Dans un monde où l’information se transmet à la vitesse de l’éclair, une création est à peine née qu’elle
est connue, voire copiée. Comment se protéger du plagiat et faire valoir son droit de propriété ? Quelques
pistes pour déposer ses oeuvres…
L’univers de la coiffure regorge d’idées et de nouveautés… Comptoir des franges, chapeaux et bijoux en cheveux, autant de créations qui sont nées de l’imagination fertile des coiffeurs. Mais attention ! Si vous ne protégez pas votre concept, il peut être repris et vos concurrents peuvent se l’approprier…
Défendez-vous
Aujourd’hui, le Web permet aux créateurs de faire connaître leurs concepts et de développer une activité commerciale auprès du plus grand nombre, mais en contrepartie ils s’exposent au risque d’être plagiés… Il faut désormais sauvegarder ses idées et les déposer.
Philippe Zen regrette de ne pas l’avoir fait… Il serait à la base du concept de Bar à Chignons, créé alors qu’il était responsable artistique chez Marianne Grey. « Nous n’avions rien déposé, le concept ne nous appartient pas ! Si c’était à refaire, je déposerais immédiatement mon idée pour qu’elle soit ma propriété, quitte à la proposer à d’autres afin qu’elle perdure. »
Si vous avez foi en votre création, défendez-la. La loi vous protège, les plagiaires s’exposent à devoir verser des dommages et intérêts au niveau civil et à une amende, voire à une peine de prison, au niveau pénal. Donc pesez bien les enjeux, vérifiez l’adéquation entre le coût d’un dépôt et ce que votre oeuvre peut vous rapporter… et lancez-vous !
Faites des recherches pour vous assurer que votre idée est inédite, que votre marque est disponible…
Pensez stratégie
En fonction des enjeux et du coût, vous pouvez choisir le type de protection le plus approprié à votre création : choix du périmètre géographique (national, européen ou international), dépôt de marques, brevets, dessins,
classes…, durée de la protection.
« Toutes mes créations sont protégées et déposées au fur et à mesure avant leur diffusion », rapporte Jean- Philippe Colombié, qui a créé sa marque Prest.Hat.Hair ©, avant tout pour protéger ses créations, et éventuellement percevoir des droits d’auteur sur toute reproduction. Le dépôt de différentes « classes » (chapellerie, coiffure,
marketing…) auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) lui a coûté environ 600 euros.
Stéphane Amaru, père du Comptoir des franges est clair sur le sujet : « Dans la coiffure, c’est facile… Il suffit d’attendre que des idées nouvelles prennent vie, puis de copier les modèles des autres ! C’est pourquoi nous avons voulu protéger rapidement notre marque et les noms dérivés 5 marques autour de ce mot et pour les modèles, et nous avons fait de même pour le Comptoir des cheveux longs. Certes, c’est une dépense importante, nous avons payé 21 000 euros en tout pour les droits sur l’Europe, mais elle en vaut la peine. »
Où s’adresser ?
INPI – Institut national de la propriété industrielle À partir de 215 euros
OHMI– Office d’enregistrement des marques et des dessins ou modèles de l’Union européenne : À partir de 900 euros
OMPI – Organisation mondiale de la propriété intellectuelle www.wipo.int Coût selon le nombre
de pays couverts
Et aussi…
L’enveloppe Soleau est un produit de l’INPI qui, « sans être un titre de propriété industrielle, vous permet de dater de façon certaine la création de votre oeuvre et de vous identifier comme auteur ». L’enveloppe coûte 15 euros l’unité.
L’avis de Laurent Micas / L’invité de la rédac’:
On peut se rassurer en se disant qu’une idée copiée est une bonne idée. Mais il y a aussi ceux qui trouvent de bonnes idées et ceux qui savent les développer, car une bonne idée non exploitée ne pourra jamais paraître si bonne que ça ! Et si l’INPI aide les « Géo Trouvetout » à protéger leurs nouveautés, qui aide les seconds à défendre leurs capacités de développement ?
Biblond, pour les coiffeurs !







