Se retrouver avec un salarié absent de manière imprévue, un cas de figure qui complique la vie en salon de coiffure. Mais ce phénomène ne doit pas être une fatalité.
« Je ne peux pas venir travailler aujourd’hui, je suis malade… Je me suis tordu la cheville. » De bonnes excuses, Brigitte Maillard, gérante d’un salon à Bormes-les-Mimosas, en a entendu des dizaines. Son apprentie BP était absente au moins une fois par mois. Conséquence : la désorganisation du salon. « On ne pouvait rien faire d’autre que subir et se répartir les tâches », déplore cette coiffeuse.
Analyser les causes…
Problèmes de santé, de garde d’enfant en cas de maladie. « Si vous ajoutez les salaires qui ne sont pas assez élevés, l’essence pour le trajet et le prix d’une nounou, parfois, ça ne vaut pas le coup d’aller au travail », reconnaît Marie-Josée François, chargée des ressources humaines du groupe Vog. Sans oublier l’absentéisme lié « à une perte de motivation et d’investissement au travail », note Mohamed Serhane, juriste à la Fédération nationale de la coiffure.
… et agir
Face à ce constat, pas de recettes miracles. Mais un remède efficace pour Mohamed Serhane : « La communication… Il faut connaître les raisons de l’absentéisme, professionnelles ou personnelles, pour trouver des solutions et aboutir à ce que cela cesse. » Chez Vog, on mise sur le dialogue, mais aussi sur la stimulation de la motivation des salariés par des réunions ou des stages. « Une fois, on a même récompensé le salon où il y avait le moins d’absents », raconte Marie-José François. Pour Brigitte Maillard, c’est sur la responsabilisation, notamment des plus jeunes, qu’il faut insister. « Dès l’école, on doit leur dire que le travail ce n’est pas le collège, on ne vient pas quand on en a envie », estime la coiffeuse. Et ne pas hésiter à faire preuve parfois de fermeté. « Si un salarié est souvent absent et que par exemple il demande un samedi de congé, et bien se sera non », lance Marie-Josée François.
Parce qu’une relation de travail, c’est « donnant-donnant ».
■ Et la loi, elle dit quoi ?
Le salarié doit informer et justifier de son absence dans les 48 heures. Après trois jours d’absence injustifiée, l’employeur peut envoyer une lettre de mise en demeure. Une procédure qui au bout de plusieurs étapes peut aboutir au licenciement pour motif personnel. Les absences injustifiées peuvent même aboutir au licenciement pour faute grave en cas d’absence prolongée, désorganisant l’entreprise, sans justification.
■ Le chiffre : 4,40 %
C’est le taux d’absentéisme dans le secteur du commerce en 2011, d’après le baromètre d’Alma Consulting Group (publié début septembre). C’est un peu plus de 16 jours d’absence par an et par salarié. La moyenne nationale est de 3,84 %.
Noémie Guillotin
L’avis de Bruno Glémain/ L’invité de la rédac’ :
L’absentéisme est à analyser à double niveau. La coiffeuse absente subit à son retour la pression de ses collègues qui ont dû pallier aux problèmes d’organisation de planning, aux clientes mécontentes… Toute cette pression liée aux problèmes d’absence du personnel est cause de stress pour l’équipe. Aussi, dans une véritabler équipe, les absences ne se font pas à la légère et sont réellement justifiées. Et dans ce cas, on pardonne plus facilement et on est solidaire.
Biblond, pour les coiffeurs !







