Dans la peau du patron ?

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Il y a quelques semaines, l’émission de téléréalité de M6 « Patron incognito » a beaucoup fait parler d’elle. Le pitch : pendant 5 jours, le directeur d’une société s’est fait passer pour l’un de ses salariés. Un concept qui a fait tilt chez Biblond. Et si on inversait en donnant de temps en temps les manettes aux employés ?

Dans les salons, il existe parfois un fossé entre salariés et patron. « Il y a beaucoup de malentendus et d’à priori », note Aline Vernis, enseignante à l’école Pluralis. Alors, échanger les rôles le temps d’une journée, histoire que les employés prennent conscience du travail et des responsabilités d’un chef d’entreprise… « Oui ! », répond la formatrice, enthousiaste.

Confiance et cohérence

« Le salarié a tendance à être dans son cocon avec la clientèle », constate Emmanuelle Sidot, formatrice indépendante. Et il ne se rend pas toujours compte des contraintes d’un patron : les charges, le paiement des fournisseurs, les invendus… Confier de manière ponctuelle la gestion du salon aux employés leur permettrait de voir les choses différemment. Et d’avoir « une plus grande ouverture d’esprit, plus de confiance et de cohérence dans les équipes », assure Aline Vernis.

La crise impose plus de communication

Un dialogue d’autant plus important en période de crise économique. Les exigences d’un responsable peuvent être mal comprises par ses employés. « Quand le responsable prend une décision, par exemple augmenter les objectifs de vente de produits, le salarié pense souvent que c’est pour l’embêter alors que le souci principal du patron c’est la pérennité du salon », explique Emmanuelle Sidot.

Applicable en salon ?

Mais faire cet exercice une fois par mois, voire une fois par an, est compliqué à mettre en place dans les salons, concède Aline Vernis : « Il y a un problème de mentalités. Les patrons ont du mal à avouer leurs faiblesses. Le management en France reste très directif. »

Autre frein à un management plus responsabilisant : les compétences. « Les employés n’ont pas forcément les connaissances nécessaires en trésorerie, etc. », tempère Emmanuelle Sidot. Mais rien n’empêche les chefs d’entreprise qui le souhaitent de tenter l’expérience, sous forme d’ateliers ou de jeux de rôles.

Car, au final, tout le monde retrouve sa place, certifie la formatrice : « le patron reste le patron ».

Le management responsabilisant

Le + : les salariés ont une meilleure compréhension des contraintes du patron

Le – : le poids du management directif : il faut que les responsables acceptent de se remettre en question

L’avis de Patrick Ahmed / L’invité de la rédac’

Un salon qui fonctionne bien c’est un salon qui délègue à ses employés. C’est très stimulant ! Ce système de management repose essentiellement sur la confiance. Il faut toutefois garder en tête les limites pour la mise en place de ce système (limites juridiques notamment) pour ne pas mettre en péril la bonne gestion du salon.