Quand on a plus de 50 ans, trouver du travail peut relever du parcours du combattant. Aux difficultés liées à l’âge s’ajoute le contexte économique, morose. Biblond vous donne quelques clés pour surmonter les difficultés.
Les seniors – le terme n’est pas péjoratif ! – représentent 6 % des salariés du secteur. C’est peu au regard des 40-49 ans qui eux sont 15 %. Pas étonnant pour Philippe Thouron, en charge du dialogue social à la FNC : « Beaucoup de seniors sont patrons. Et coiffeur est un métier physique, donc certains changent de profession ou passent à mi-temps.»
Il y a aussi ceux qui cherchent un emploi. Et qui galèrent comme Corine Cappelli. « C’est hyper dur. Les CV béton font peur aux employeurs », raconte cette coiffeuse de 50 ans.
Rester dans le coup
L’expérience est aussi un atout qu’il faut savoir mettre en valeur. « L’avantage d’un senior, c’est qu’il a souvent
beaucoup travaillé la mise en plis, le chignon… », fait remarquer Jean-Jacques, gérant d’un salon à Paris. Un tour de main maîtrisé qui ne doit pas l’empêcher de continuer
à se former.
« C’est important de partir faire des concours, des stages, sinon on est vite paumé », reconnaît Corine
Cappelli. Et Philippe Thouron d’ajouter : « il faut rester curieux, ouvert, et avoir l’humilité de se dire « j’ai encore des choses à apprendre » ». Indispensable pour cohabiter en salon avec les jeunes générations.
Trop chers les seniors ?
Autre difficulté, la rémunération. « C’est clair que je ne vais pas aller travailler pour le Smic. Après trente-cinq ans d’ancienneté, c’est un peu light ! », s’exclame Corine Cappelli. Mais pour le consultant Patrick Blum, un senior doit accepter de « ne pas avoir le même statut ni le même salaire ». Surtout en période de crise.
« De toute façon, les employeurs préfèrent embaucher des BP ou des CAP car ils paient moins de charges », déplore Corine Cappelli. À moins que des dispositifs comme le futur contrat de génération annoncé par le gouvernement – qui prévoit des exonérations pour l’embauche d’un jeune à condition de garder un senior – ne changent la donne.
Conseils de Patrick Blum (consultant senior chez Accordia)
Le vocabulaire : Éviter de parler de son âge et d’utiliser des expressions du type « de mon temps ».
Le look : Montrer qu’on est « à la mode » sans pour autant copier les jeunes.
Les ambitions : Ne pas chercher un poste qui corresponde à tout prix au statut et au salaire équivalant à son poste précédent.
Aller de l’avant : Se remettre en question. Ne pas négliger la formation.
Les générations : Doser le partage d’expérience et accepter ce qu’un jeune peut apporter.
L’avis de Patricia Rameau / L’invitée de la rédac’ :
Être senior en coiffure, pas toujours facile ! Certains employeurs peuvent être freinés et influencés par des idées reçues. Si le coiffeur n’a pas eu l’opportunité (ou l’ambition !) de créer un salon ou de se diriger vers la formation, il a une chose « clé en main » : le partage d’expérience. Être senior ne veut pas dire pour autant qu’il est possible de se reposer sur ses lauriers, ce serait regrettable. « On n’est jamais trop âgé pour s’instruire », disait Benjamin Franklin.
Biblond, pour les coiffeurs !







