Selon Anne Delannoy, de la FNC, peu d’accidents sont déclarés, mais en cas de procès « les coiffeurs sont souvent condamnés ». Pourquoi ? Comment s’en prémunir ? Que risquent les coiffeurs ?
Ce que dit la loi
Selon l’article L.111-1 du Code de la Consommation, « Tout professionnel, prestataire de service, doit, avant la réalisation de la prestation, mettre le consommateur en mesure de connaître les caractéristiques essentielles du service. »
Avant de réaliser tout acte, le coiffeur doit mettre en garde contre l’utilisation des produits en fonction de la nature ou de l’état de la chevelure et avertir des éventuels effets secondaires.
« Le devoir de renseignement est particulièrement important en présence de produits dangereux », détaille Anne Delannoy de la FNC.
En amont
L’écoute du client, de ses habitudes, un examen poussé de son cuir chevelu, un diagnostic précis… sont autant de moyens de s’exonérer de sa responsabilité en cas d’accident survenu à la suite d’une prestation. À noter que la réalisation de la touche d’essai est désormais formellement déconseillée.
« Après examen du cuir chevelu, il ne faut pas hésiter à faire signer une attestation aux clientes prouvant qu’elles ont été informées des risques, expose Anne Delannoy. Si elles insistent, il est préférable de refuser une prestation et perdre une cliente que de se
faire attaquer. »
L’employeur est également responsable des pratiques des collaborateurs de son salon. C’est à lui d’insuffler les bons réflexes. Pourquoi ne pas organiser régulièrement des réunions d’informations pour se préserver des désagréments ? Toujours sur le volet prévention, les coiffeurs sont tenus à une obligation d’assurance couvrant les dommages aux biens et aux personnes.
En cas d’accident
La responsabilité civile du coiffeur est engagée et il pourra, en cas de préjudice, être condamné à payer des dommages et intérêts. C’est au client de prouver la faute. « Les coiffeurs sont soumis à une obligation de moyen, pas de résultat, précise Anne Delannoy. Une coupe ne correspondant pas aux attentes du client ne suffit pas à engager la responsabilité du coiffeur. »
En cas de dommages corporels sans incapacité totale de travail, causés par une imprudence, une maladresse, une négligence, une inattention ou un manquement à une obligation de sécurité et de prudence, la responsabilité pénale du coiffeur peut être engagée. Il peut être condamné à payer une contravention de deuxième classe. Si les dommages corporels entraînent une incapacité de travail, les peines peuvent être plus lourdes.
Que faire en cas de plainte ?
Négocier avec la cliente. « Les procédures ne sont jamais très conseillées », estime Anne Delannoy. Mieux vaut rembourser la prestation et offrir des soins si l’accident est réparable.
Rassembler les preuves du respect des obligations d’informations et de sécurité.
Déclarer l’accident à son assureur pour faire intervenir un avocat et indemniser la cliente. Certains contrats d’assurance comportent une garantie de protection juridique.
Patricia Rameau / L’invitée de la rédac’:
Mieux vaut prévenir que guérir ! Attention à bien mettre en garde des effets secondaires qui pourraient fortement agresser cheveux et cuir chevelu. Bien se renseigner sur les risques des produits manipulés, effectuer un diagnostic approfondi, observer et poser les bonnes questions pour intégrer l’historique capillaire de sa cliente sont des étapes essentielles.
En cas de doute, mieux vaut refuser un service technique. Il est temps de ne plus faire les choses juste pour les faire. J’évite l’utilisation de produits trop agressifs qui transforment la matière, la forme ou la couleur du cheveu. Je conseille toujours à mes clientes de se rapprocher du naturel, en l’améliorant. « Chassez le naturel, il revient au galop »…
Biblond, pour les coiffeurs !







