Coupez court à la crise !

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Si les effets pervers de la crise se sont fait ressentir aussi bien chez les coiffeurs qu’auprès de leur clientèle, des solutions existent pour y remédier et redynamiser son activité professionnelle.

Selon une étude effectuée par estheticfactory.fr, près de 60 % des Français considèrent qu’il est primordial de prendre soin de soi en temps de crise. Mieux : jusqu’à 67 % des personnes interrogées se rendent dans un salon de coiffure comme ils iraient chez un thérapeute. Le salon de coiffure, un remède anticrise ?

Peut-être, mais il n’en reste pas moins que les coiffeurs subissent eux aussi une conjoncture économique difficile. Car si ces chiffres rassurent, d’autres témoignent des difficultés que peuvent rencontrer les coiffeurs. Une étude de Brand Institute montre qu’en temps de  crise le chiffre d’affaires sur les produits de soin baisse de plus de 25 %…

Élargir ses palettes de compétences

Pourtant, le marché du produit dérivé est un marché sous-exploité et le coiffeur aurait tout à gagner à le développer : « Les prestations de services annexes sont un des facteurs qui vont me faire préférer un coiffeur à un autre », admet Angela, une Parisienne de 27 ans.

« L’appréhension, l’absence de formation à la vente, la mauvaise gestion du discours commercial sont autant de facteurs impactant le chiffre d’affaires sur les ventes des coiffeurs », explique le chargé de développement de Brand Institute.

Développer une stratégie commerciale et ses techniques de vente est donc primordial. D’ailleurs, Brand Institute propose trois formations qui vont dans ce sens :

  • Mettre en place un développement business efficace,
  • Optimiser les techniques de vente au sein de votre salon de coiffure et
  • Valoriser l’approche santé dans votre stratégie de conseil clientèle.

Ainsi, proposer des produits biologiques (très tendance et très demandé par la clientèle !), des soins ethniques ou des prestations de massage (massage crânien, fauteuils massant pendant la coupe, etc.) permettra d’élargir sa cible et de drainer une clientèle en quête d’une valeur ajoutée originale.

Des offres adaptées aux budgets

En Seine-Saint-Denis, dans la banlieue parisienne, deux salons de coiffure ont trouvé une solution pour pallier une baisse de la fréquentation en adaptant leur prix : faire payer leur clientèle en trois fois sans frais pour des prestations coûteuses, des cartes de fidélités qui offrent 15 % de réduction après le 10e passage ou encore le parrainage.

À Courbevoie, la coiffeuse Isabelle Blondin « compte sur le bouche-à-oreille pour attirer une nouvelle clientèle » grâce à ses offres. Elle note en effet que ses clients « sont à 5 euros près, on voit bien qu’ils économisent ».

Pour Isabelle Roy, responsable du développement économique de la Fédération nationale des coiffeurs, « les salons doivent s’adapter au contexte économique en proposant des tarifs adaptés pour des prestations de consommation courante, et réserver les hausses tarifaires aux prestations à forte valeur ajoutée, susceptibles de concerner la clientèle à plus fort pouvoir d’achat ».

Des chiffres à bousculer

  • 6 fois par an : c’est la fréquence de visite des femmes chez le coiffeur
  • 53 minutes : c’est le temps passé en salon
  • 65 euros/mois : c’est la dépense moyenne des clients en produits de soin chez le coiffeur
  • 67 % des personnes interrogées visitent le coiffeur comme un remède anticrise

 

Éric Leturgie / L’invité de la rédac’

Pour moi, la crise ne peut supporter toutes les erreurs commises dans nos salons. Nous devons miser sur la vente et le conseil, mais nous ne pouvons pas charger indéfiniment le panier de la consommatrice : « Elles sont à 5 euros près…» Et si nous reprenions le chemin du plaisir, du rêve et du service ? C’est pour cela que les clients viennent !

C’est à nous de donner l’envie de venir plus souvent dans nos salons, avec une approche plus professionnelle. Nous devons réapprendre à coiffer : cela paraît fou à dire, mais, en tant que coach, je constate souvent cette nécessité !