Chaque entreprise court après la productivité. Les salons de coiffure ne font pas exception. Mais comment la calculer en considérant la spécifi cité du métier ?
Productivité = Production de biens ou de services (extrants) / Quantité de facteurs de production utilisés pour les produire (intrants)
Synonyme d’efficacité, la productivité est le baromètre du rendement dans n’importe quelle entreprise. En théorie, il est facile de la calculer : une bonne vieille division avec, au numérateur, toute la production réalisée et, au dénominateur, la quantité de travail utilisée pour cette production. Sauf que voilà, si la définition ne pose pas de problème, dans la réalité, il est compliqué de déterminer réellement la productivité exacte d’un salarié.
En effet, est-elle calculée en valeur ? Autrement dit, l’argent que le travail utilisé rapporte-il ? Ou selon le volume : le nombre d’unités produites avec la quantité de travail utilisée ? Mais la principale difficulté concerne surtout la mesure de la productivité dans les services.
Casse-têtes
Comment mesurer la productivité d’un médecin ? D’une école ? Comment mesurer ce qui n’est pas mesurable ?
Les salons de coiffure n’échappent pas à ces casse-têtes. Pour pallier ces difficultés, l’académie Maria Ruggi, au sein de la formation Rentabilité des Services, se propose, après un audit, d’apprendre à calculer coût horaire et coût minute pour l’entreprise.
Une nécessité dans le contexte actuel où travailler à perte n’est pas envisageable pour la survie d’un salon, selon Angelo, responsable de cette formation.
« Aujourd’hui la façon de gérer les salons de coiffure a changé. On ne peut plus se fier au hasard ou tout simplement à notre savoir-faire artistique. Pour tenir dans le temps, il est important d’avoir une analyse chiffrée précise de notre affaire.
Dans les années 1980/1990, pour fixer le tarif d’une prestation, on regardait ce que le concurrent pratiquait comme prix, et on essayait de s’aligner pour attirer à nous le client potentiel sans se soucier de la marge dégagée par le service, explique-t-il.
Cette façon de faire est caduque, il est important de connaître le bénéfice pour l’entreprise de chaque prestation. Nous sommes de nos jours les seuls artisans en coiffure et esthétique à ne pas savoir ce que nous gagnons sur les services réalisés. »
Objectifs et chronomètre
Reste qu’il n’est pas évident de calculer ce qui est « vraiment » produit par le collaborateur.
« Il existe des taches cachées dans un salon, expose Stephane Di Pasquali, directeur commercial de l’académie Maria Riggi. Entre l’accueil, l’encaissement ou le ménage, la rentabilité d’un collaborateur ne sera jamais à 100 %, mais plutôt de l’ordre de 80 %. »
Quid des objectifs et du chronomètre qui pèsent sur lui ?
À l’académie Maria Ruggi, on l’assure, le calcul de productivité des employés ne peut que les intéresser. « Le salarié à besoin de connaître sa position dans l’entreprise, d’être encadré en lui donnant des objectifs cohérents et réalisables, pour pouvoir ainsi développer son CA, avoir une prime de rentabilité quand l’objectif est atteint. », précise Angelo.
« Il n’y a aucune pression, ajoute Stéphane Di Pasquali, c’est plus une prise de conscience pour le collaborateur, qui va ainsi davantage s’impliquer dans une entreprise où la gestion sera améliorée. »
Anne-Claire Genthiallon
Anthony Galifot / L’invité de la rédac’
« Beaucoup de coiffeurs n’osent pas augmenter leurs tarifs pour redevenir rentables, de peur de diminuer leur clientèle. En osant, les salons perdent peut-être en volume, mais pas en chiffre. Ils gagnent avant tout deux choses essentielles : du temps pour parfaire leur service et du plaisir. Attention donc à la course à la productivité ! »
Biblond, pour les coiffeurs !







