Salons loueurs de fauteuils, vous etes en grand danger !

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Attention à la location de fauteuils en salon de coiffure !!

 

Lors d’une longue chute, un homme entend une voix lui murmurer : « Attention, tu vas te faire mal. » Pourtant, il se dit que pour l’instant rien ne se passe… La voix lui chuchote de nouveau : « Attention, tu vas te faire très mal », mais l’homme se dit qu’il ne s’est toujours rien passé… La voix insiste : « Après toute chute, il y a une arrivée, et c’est elle qui est décisive… » Mais l’homme n’a pas le temps d’y réfl échir et sa chute est fatale…

Il faut toujours penser d’abord aux risques éventuels à venir avant de prendre des décisions pour le salon. La panique, la facilité et la méconnaissance poussent un grand nombre de dirigeants de salons à penser que pour éviter les charges patronales et salariales, ils ne doivent plus embaucher en CDI, mais plutôt louer des fauteuils à des coiffeurs qui ont le statut d’indépendants. Il n’est plus rare de voir des annonces du type : « Vous êtes indépendant ? Alors, un fauteuil vous attend… »

 

 

Mais voilà, ce serait trop facile… Bon nombre de ces entrepreneurs indépendants qui cherchent à louer un fauteuil en salon ne le font pas par goût de revenir à la case départ (sans avoir à payer de droits), mais par nécessité de recruter de nouveaux clients. En effet, c’est l’alimentation saine en nouveaux clients qui permet à un salon de traverser le temps. En clair, la communication du salon pour attirer de nouveaux clients est un point souvent sous-estimé par les nouveaux autoentrepreneurs. Ils partent de leurs anciens salons avec « leur » clientèle, mais comme ils ne fi délisent pas assez de nouveaux clients, avec le temps, les revenus baissent. Il leur faut alors trouver des solutions. Ces anciens salariés – pour la plupart – se tournent alors vers ces salons qui louent des places de coiffage à des indépendants. Lesquels glissent souvent vers la location pour combler le vide, animer leur espace ou, pire, ils pensent qu’ils auront moins de problèmes qu’avec des contrats en CDI.

Grave erreur, car c’est sans compter l’Urssaf qui n’aura qu’un but : requalifi er cette location en contrat de travail pour récupérer les charges ! Et le seul responsable sera le salon…

 

 

Pour sous-louer, il est tout d’abord nécessaire d’avoir l’accord du propriétaire. Il faut ensuite une convention entre les deux parties, une caisse séparée, un TPE par locataire. Et c’est là que les choses se gâtent. Le locataire du fauteuil ne pourra pas être sur le planning du salon. Il devra avoir ses propres clients, il ne pourra donc pas coiffer ceux du salon, sinon ce sera perçu comme un lien de subordination et donc requalifié en contrat de travail. S’il fait du « black », le salon est responsable, tout comme s’il n’est pas à jour de ses déclarations fiscales ! Il ne doit pas proposer les mêmes tarifs que le salon, sinon c’est considéré comme un lien de subordination et le salon est responsable, encore une fois ! Et j’en passe… Mais certains indépendants mal intentionnés ont compris la combine et jouent sur la méconnaissance des vrais chefs d’entreprises. Ils deviennent locataires d’un fauteuil le temps de récupérer des clients, font requalifi er par l’Ursaff leur location en contrat de travail, puis attaquent le salon aux prud’hommes. C’est le salon, bien sûr, qui est responsable de tous les recouvrements dus à l’Ursaff et qui doit quand même faire face à un prud’homme… La boucle est bouclée !

N’oubliez pas, ce n’est pas pendant la chute que l’on ressent la douleur, mais à l’arrivée ! Êtes-vous toujours aussi sûr qu’il est moins risqué d’avoir un indépendant dans son salon plutôt qu’un contrat en CDI ? Pas moi !

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