Le virus familial

Denis, Lylian, Corentine, Louisy (petite-fille) et Anne-Louise
Denis, Lylian, Corentine, Louisy (petite-fille) et Anne-Louise
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Parmi les derniers commerces de Meulles, en Basse-Normandie, le salon Idée Coiff rayonne depuis 47 ans. Découverte de l’affaire menée aujourd’hui par Anne-Lise, la fille des fondateurs.

par Julie de Los Rios

 

« Mes tantes, mon père, les clientes qui ont connu ma mère enceinte de moi ont l’impression de la voir coiffer quand je travaille », confie Anne-Lise Glinel, 31 ans. Sa mission ? Peut-être celle de perpétuer l’existence de sa mère Françoise, décédée l’an dernier… Même si elle a toujours aimé la coiffure et révélé de grandes aptitudes, la jeune gérante du salon Idée Coiff à Meulles, dans le Calvados a voulu un temps nier ce que tout le monde lui prédisait : « Quand tu seras grande, tu feras comme tes parents. » Après le bac et une année à la fac, elle est pourtant rattrapée par le virus familial. « J’ai toujours aimé la coiffure. J’ai toujours été douée. Enfant, je passais mon temps sous le séchoir-casque dans le salon. » Comme son frère Lylian et sa sœur Corentine – tous deux ont arrêté aujourd’hui –, elle compte devenir coiffeuse. Diplômée à 21 ans, elle apprend le métier au gré d’expériences hors du salon familial. « Ma mère avait peur de trop influencer mon travail. Elle voulait que je puisse voir d’autres méthodes. Aujourd’hui, je suis fière d’avoir de nouvelles techniques, mais aussi les anciennes bases. Je sais faire des choses que les gens de mon âge ne connaissent pas, grâce à elle. La mode est un éternel recommencement. » Finalement, la voilà qui intègre l’enseigne familiale, fondée par ses parents en 1970.

  

 

Le salon, le pilier du village

Patronne depuis quatre ans, elle apporte un souffle de modernité et attire de nouveaux clients. « Je suis des formations avec L’Oréal, j’essaie de rester au courant. Le secret de la coiffure, c’est de mélanger le moderne et l’ancien, de garder les bases en les twistant de créativité. Il faut savoir écouter les conseils tout en développant son propre style. » Son père, Denis, est à la retraite, mais n’est jamais très loin d’elle. Il faut dire que si la coiffure n’était pas une vocation pour le patriarche, il a très vite su en faire une passion. « À l’époque, les enfants allaient là où il y avait du boulot. » C’est à l’occasion d’un mariage qu’il rencontre celle qui va devenir sa femme. Mariés en 1969, ils ouvrent un an plus tard leur salon, elle spécialisée en coiffure dame, lui en coiffure homme. Près de cinquante ans plus tard, sa fille reprend le flambeau. « Grâce à elle, le salon, le dernier commerce du village avec le dépôt de pain, existe toujours. » Denis, lui, n’a jamais forcé ses enfants à devenir coiffeurs. Et pourtant, tous ont eu l’envie de pratiquer ce métier, y compris sa petite-fille qui est aussi contaminée.

Qu’a-t-il inculqué à sa fille ? « Le relationnel, les rapports avec la clientèle. Je pense que ça lui manquerait beaucoup si elle arrêtait ! » Et Anne-Lise de confirmer : « J’aime être dans la continuité et j’ai la chance d’être contente d’aller travailler le matin, avec le sourire. »

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