L’auto-entrepreneuriat (Le grand débat)

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Pour ou contre l’auto-entrepreneuriat ?

 

À l’origine considéré comme un dispositif permettant d’obtenir un revenu d’appoint, l’auto-entrepreneuriat est devenu un statut à part entière. Création rapide et simple de l’activité, obligations fiscales et comptables simplifiées, ce format attire les coiffeurs – en particulier ceux qui exercent à domicile. Le chef d’une entreprise « classique » est imposé sur sa comptabilité et les bénéfices réalisés, alors que l’auto-entrepreneur, grâce au régime micro-social, paie ses charges sociales (et fiscales sur option) au fur et à mesure des encaissements. Le premier récupère la TVA payée sur les achats de biens et de services, alors que pour le second, qui n’est pas assujetti à la TVA, les frais et achats (stocks, déplacement, assurances…) ne sont pas pris en compte. Ce modèle est-il approprié à toute forme de pratique ? Est-il perçu comme une concurrence déloyale ? Le sujet soulève bien des questions… par Lila Schoepf

 

 

POUR

Laurence Coiffure, Yvelines
« Désormais, je peux gérer mon temps ! Entre les formations que je choisis de suivre – pour être toujours dans la tendance – et mon activité professionnelle, j’ai trouvé la formule parfaite ! Être auto-entrepreneur m’a aussi permis d’avoir une autre approche de mon métier, de mieux connaître ma clientèle, sans contrainte de temps. L’indépendance que me procure ce statut me permet de donner le meilleur de moi-même, d’établir des rapports privilégiés avec mes clientes, sans stress,
dans une ambiance qui ne dépend que de moi. Le fait de ne pas travailler en salon – en tant qu’employé ou employeur, peu importe –, m’a permis d’avoir la sensation de revaloriser mon métier, ma propre image. Car il ne faut pas oublier l’aspect financier. En effet, donner le meilleur de soi-même dans une profession où les salaires sont restés très bas n’aide pas à rehausser l’image de ce métier de passion et d’écoute. J’ai l’impression d’être “reconnue” dans mon métier. J’avoue qu’au départ mon choix s’est fait sur des critères financiers, mais aujourd’hui la liberté que  me procure ce statut me conforte dans ma décision. »

 

CONTRE

Guillaume D, Paris

« Pour moi, l’argument principal des autoentrepreneurs de notre profession qui mettent en avant l’aspect financier est un faux argument. En effet, ce statut demande plus de travail, plus de présence. En plus, je pense qu’il n’y a pas assez de contrôle. Souvent les auto-entrepreneurs ont tout juste leur CAP alors qu’ils proposent des services qu’ils n’ont pas le droit de réaliser. La couleur par exemple doit être faite par des gens qui possèdent leur BP. Et imaginez qu’il y ait un problème avec cette prestation : la plupart du temps, les autoentrepreneurs ne sont pas assurés ! Qu’il s’agisse de coiffeurs à domicile ou de location de fauteuil en salon, je ne vois pas grand intérêt à pratiquer sous cette forme. Certes, il y a de la place pour tous, mais la plupart des auto-entrepreneurs que je connais dans ce métier ne jouent pas le jeu, ils ne déclarent pas la totalité de leurs revenus ! Alors que nous, chefs d’entreprise avec pignon sur rue, nous avons
des obligations fiscales, sociales et sanitaires dont ils sont exonérés. »

 

Lila Schoepf

 

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