Christine Margossian, à l’écoute de l’autre

© Valérie Dumond
© Valérie Dumond
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Meilleur Ouvrier de France, ambassadeur L’Oréal Professionnel depuis 26 ans, coiffeuse hors pair, formatrice pour Cyléa Formations et coach PNL reconnue de la profession, Christine Margossian est une battante qui a su explorer toutes les facettes du métier pour en faire une science.

 

 

 

Petite, elle s’imaginait devenir psychologue, mais ça, c’était avant que sa famille ne s’en mêle… Sous la pression de ses parents, coiffeurs de profession, Christine Margossian interrompt ses études en psychologie pour suivre leurs traces. « Dans la vie, ce qui compte c’est ce que tu peux faire avec tes mains », soutient son père à l’époque. Non sans regret, car sa connaissance du métier se limitait à l’activité au salon, travail qu’elle trouvait « sinistre ». Mais comme dit le proverbe : « Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. » Sa vision change radicalement au détour d’un Mondial Coiffure Beauté. C’est avec stupéfaction que cette lyonnaise découvre tout ce qu’on peut faire avec le cheveu, aussi bien de la scène que des concours. Par l’intermédiaire de la compétition, qui lui apporte l’extraordinaire – le dépassement de soi – dans l’ordinaire – l’activité quotidienne au salon –, sa passion croît au fur et à mesure de ses participations aux concours régionaux et nationaux. L’apothéose : l’obtention du titre suprême de Meilleur Ouvrier de France à seulement 24 ans, la plus haute marche de l’artisanat – major de promotion qui plus est ! Et à peine trois semaines après les résultats, elle se fait repérer par un chasseur de tête. La voilà maintenant coiffeuse ambassadrice L’Oréal Professionnel.

 

 

Thérapie du cheveu

Grâce à L’Oréal Professionnel, Christine a la chance de parcourir le monde, de faire des shows, d’animer des formations et de créer des collections pour la marque. En 2000, elle ouvre à Lyon un centre de beauté globale – alias « la cathédrale » – de 1 000 m². En avance sur son temps, Christine propose déjà un parcours client semblable au concept du salon Émotion de L’Oréal Professionnel. Plus qu’elle ne le croyait, coiffure et psychologie vont de pair. « J’ai vu toute la puissance et l’impact que l’image personnelle pouvait avoir sur l’être humain. » Elle découvre l’importance du relationnel dans le métier. « Si l’on est connecté à l’autre, les facteurs émotionnel et psychologique entrent automatiquement en ligne de compte. » Et pour cerner la manière dont la cliente veut se percevoir, il n’y a pas de secret. Il faut faire de la psychologie de terrain et avoir un management adapté à chaque profil. D’où sa décision de reprendre ses études pour obtenir la certification de coach PNL. Sans parler de sa participation à une émission régionale de relooking qui propulse la notoriété du centre. Mais les bonnes choses ne durent pas. Neuf ans plus tard, à la suite du scandale de l’affaire Grôlée, Christine doit mettre la clé sous la porte et se consacre par la suite à d’autres activités.

 

 

L’art du diagnostic client

Jusqu’en 2015, elle se consacre à la formation et au coaching de managers, d’équipes et de dirigeants de salons (seuls ou en franchise). Le succès de sa méthode en management et en optimisation de propositions de produits et services fait d’elle une référence. En parallèle, elle a rédigé des articles pour le webmagazine livecoiffure.com, quatre ans durant, avant de créer Le Blog MC Genève. Mais la vie en salon commence à lui manquer. C’est d’ailleurs lors d’une journée de coaching qu’elle décide de se relancer dans le commerce, en s’associant à Catherine Ducret (une de ses anciennes clientes). En 2015, le salon MC Genève voit le jour en Suisse. Alors qu’elle avait arrêté ses activités pendant plusieurs années, ses plus fidèles clientes l’ont retrouvée et parcourent des kilomètres pour se faire coiffer par « la seule et unique ». Preuve qu’elle a tout compris au métier. « J’ai la volonté et l’éthique réelle d’être au service de l’autre. » À 50 ans, Christine a su se tailler un job sur mesure, alliant psychologie et coiffure. « Je suis retournée dans le domaine du bien-être personnel, via l’image personnelle. »

 

Un conseil pour nos lecteurs ?  « Les coiffeurs sont devenus les mains d’œuvre des clientes ! Ce que vous interprétez en coiffure doit être en phase avec leurs émotions. La coiffure doit redevenir leur moment “whaou”. »

 

 

Mini biographie

1991 : devient Meilleur Ouvrier de France (major de sa promotion) et Ambassadrice L’Oréal Professionnel

2000 : ouverture du Centre de beauté et bien-être Christine Margossian à Lyon

2002 : certification au métier de conseillère en image personnelle

2006 : création de l’académie Christine Margossian

2009 : se concentre sur son activité de coaching

2012 : travaille jusqu’en 2016 en tant que journaliste et consultante pour livecoiffure.com

2015 : ouverture du Salon MC Genève en Suisse, participation à l’émission Hair, le meilleur coiffeur sur TF1 (équipe éditoriale et sélection des candidats)

 

Entre nous

Le secret de votre réussite ? Le travail avec persévérance, endurance et détermination. S’engager à fond dans la coiffure ou une autre profession, c’est le faire au détriment de quelque chose…

 

Des projets en perspective ? Depuis janvier dernier, je suis en recherche active pour ouvrir un second salon à Genève. Maintenant que je suis de nouveau dans cette politique de développement en multi-salons, j’aimerais recréer le parcours client que j’avais institué dans mon salon lyonnais, sur une échelle plus petite, et adapté à la nouvelle société de consommation.

 

Des coiffeurs qui vous inspirent ? Vidal Sassoon pour les techniques de coupe. Au niveau de l’artistique – comprenez la mise en beauté de la femme –, je dirais les sœurs Carita et Alexandre de Paris. Ils ont apporté les lettres de noblesse du métier et ont grandement marqué le territoire de la beauté.

 

Votre vision du métier de coiffeur ? Le coiffeur fait face à deux révolutions. Avec la digitalisation du monde, les consommatrices sont informées de manière « avant-gardiste » sur les tendances à venir. Plus expertes qu’avant, elles emploient des termes techniques que même certains professionnels ne connaissent pas ! D’autant qu’avec l’explosion des tutos en ligne, la tendance du Do It Yourself et l’accès facilité aux produits professionnels, les clientes « s’autoforment ». La coiffure de salon devient alors démodée, preuve que le coiffeur ne fait pas son job à 100%. Il faut se former continuellement pour adapter son expertise à la demande des tendances qui circulent sur le Net. Il faut être conscient du poids de la communication digitale et de l’intérêt de conceptualiser les salons pour les rendre attractifs.

 

 

Parce qu’il n’y a pas que la coiffure

– si tu étais une couleur : le noir

– si tu étais un animal : un tigre

– si tu étais une fleur : une rose noire

– si tu étais un dirigeant célèbre : Richard Branson (créateur, entre autres, de Virgin Mobile), un touche-à-tout…

– si tu devais changer de métier : coach à 100%

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