Travail dominical : ouvrir son salon de coiffure ou pas ?

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Si le travail dominical pour les commerces fait grincer de dents certains salariés, d’autres le voient comme une opportunité. Serait-ce une aubaine pour les coiffeurs ?

Bérangère est coiffeuse dans une zone classée comme touristique ou, comme la qualifie l’administration, une « zone Puce » soit en « périmètre d’usage de consommation exceptionnelle ». La coiffeuse assume parfaitement son emploi du temps. « Le lundi c’est la journée des coiffeurs, c’est la tradition, on a toujours fait ainsi ». Et, elle l’assure, les clients s’adaptent. « Le lundi, ils travaillent, pas le dimanche, donc ils viennent plus facilement ». Tout bénéfice donc, même si elle doit payer plus cher ses deux salariées qui viennent couper les cheveux à l’heure de la messe et doit effectuer un roulement dans son planning de présence.

Législation ubuesque

La controverse du travail dominical a été relancée, à la fin de septembre dernier, par 14 magasins de bricolage Leroy Merlin et Castorama, situés en banlieue parisienne qui, bravant la décision du tribunal de Bobigny, ont décidé d’ouvrir le dimanche. Il faut savoir qu’en l’absence de dérogation préfectorale ou municipale, ou au-delà des cinq ouvertures permises dans l’année, ou si votre salon n’est pas situé en zone Puce ou touristique comme celui de Bérangère, les séchoirs et les brosses ne doivent pas tourner.

On ne plaisante pas avec le repos dominical en France ni avec la loi Maillé qui a instauré ces compromis bancals. Une législation tellement ubuesque qu’elle se retrouve dans les sondages, puisque d’un côté 56% des Français sont opposés à l’idée de travailler le dimanche, alors qu’ils sont 63 % à être pour l’ouverture des boutiques le dimanche. Cherchez l’erreur…

Même situation pour les travailleurs «nocturnes». Un conflit, voire une « guérilla juridique » oppose les salariés de la parfumerie Sephora des Champs-Élysées à l’intersyndicale du commerce. D’un côté, des salariés qui veulent continuer à travailler au-delà de 21 heures, de l’autre, l’intersyndicale qui demande qu’on mette des limites. C’est cette dernière qui a remporté la première manche. Mais tous les recours ne sont pas épuisés, puisqu’une nouvelle procédure a été lancée le 28 octobre dernier à la cour d’appel de Paris. Le délibéré aura lieu le 9 décembre prochain. En attendant, impossible d’acheter sa crème de jour… la nuit.

Bientôt la fin des incohérences

S’il n’a pas statué sur le travail nocturne, le gouvernement a décidé de mettre de l’ordre dans la question du travail dominical. Il a d’abord rappelé : « le repos dominical est un principe essentiel en termes à la fois de protection des salariés et de cohésion sociale », tout en constatant que « l’existence du travail dominical est une réalité » et que les dérogations « sont nécessairement de natures diverses car répondant à des besoins différents ».

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a donc confié à Jean-Paul Bailly une mission pour « examiner les faiblesses du dispositif actuel, éclairer les enjeux de l’ouverture de certains commerces le dimanche » et ainsi faire des propositions au gouvernement. L’enjeu, comme le rappelle Michel Sapin, ministre du Travail, est de savoir « comment mettre fin aux incohérences législatives et parlementaires de la loi de 2009 ». Le rapport est attendu pour la fin du mois de novembre.

L’avis de Stéphane Macquaire

L’ouverture de salons dans des quartiers ou zones commerciales dynamiques le dimanche me semble une bonne idée, avec bien sûr le consentement des salariés.

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