Stéphane Amaru – L’émotion contagieuse

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Des chercheurs se sont penchés sur le phénomène du bâillement en se demandant « Pourquoi bâille-t-on ?» Pourtant, si tous les mammifères bâillent, on ne sait toujours pas pourquoi…

 

Quand quelqu’un bâille, étrangement les personnes qui l’entourent se mettent à le faire aussi, comme par mimétisme. Les chercheurs ont découvert, en 1996, que ce n’était pas dû au bâillement lui-même, mais à des « neurones miroirs » qui reproduisent inconsciemment des actions. C’est sur le singe que les chercheurs se sont rendus compte qu’en voyant un de ses congénères prendre une banane, le cerveau du singe assimilait ce geste comme si c’était lui qui prenait cette banane, grâce à ces fameux neurones miroirs. Le principe est simple et il est le même pour nous. Quand on voit dans une publicité quelqu’un avoir quasiment un orgasme quand il mange du chocolat, inconsciemment, on imagine être à sa place, même si consciemment on sait qu’on nous prend pour des idiots. Nous sommes donc conditionnés, au contact d’autres humains que l’on admire, pour reproduire les mêmes choses de façon incontrôlée et donc acheter le chocolat en question. De même, lorsqu’il y a une bagarre générale, des émeutes, des mouvements de foules… Prise individuellement, aucune personne impliquée dans ces actes n’aurait agi de cette façon. C’est le résultat des neurones miroirs qui ont poussé à rendre un mouvement de masse contagieux. Il faut savoir que certains humains sont dépourvus de neurones miroirs. Ce sont les psychopathes, les tueurs en série, les déséquilibrés et autres… Les chercheurs se sont alors posé la question pour le monde digital, où le contact visuel se fait rare, pour savoir comment les neurones miroirs évoluent.

 

 

L’humain s’est déjà adapté

En inventant les smileys pour déclencher une émotion visuelle avec des textes et permettre aux neurones miroirs de fonctionner. Le marketing s’est vite emparé de ce phénomène qui s’appelle le « neuro-marketing ». Ainsi, il ne suffit pas de créer des émotions mais de les rendre contagieuses. Cela explique aussi pourquoi, selon la qualité de l’environnement dans lequel nous évoluons et la qualité des humains qui nous entourent, on peut progresser ou pas. Cela explique aussi que travailler seul endort les neurones miroirs et donc, a contrario, que travailler en équipe les stimule. Les neurones miroirs sont préprogrammés par les parents, et souvent les enfants suivent inconsciemment la voie des parents dans les actes et les idées, même s’ils décident de ne pas faire pareil. Alors, n’est-il pas possible de reprogrammer les neurones miroirs ?

Bien sûr que si, d’où l’intérêt de choisir un bon environnement de travail avec de très bons collègues et de toujours privilégier le travail en équipe quand c’est possible. Il faut persévérer, être patient et tenir dans la durée. Cela a de fortes chances d’influencer inconsciemment notre futur. Les neurones miroirs sont responsables de grandes choses positives, mais aussi des pires catastrophes comme le terrorisme. Si vous changez de travail tous les deux ans, que vous ne vous trouvez bien nulle part, que le verre est toujours à moitié vide, que vous en êtes à votre deuxième divorce ou à votre deuxième Prud’hommes, qu’il ne vous arrive que des galères… Peut-être êtes-vous victime de vos neurones miroirs ? Posez-vous alors les bonnes questions : ne faut-il pas changer d’environnement et commencer à faire quelques efforts personnels ? Car les chercheurs ont découvert que les neurones miroirs, avec le temps, ne sont plus reprogrammables… N’attendez donc pas qu’il soit trop tard !

Alors bientôt, pour embaucher un salarié, lui demandera-t-on plutôt son livret de famille ou son diplôme de CAP ?

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