Mes racines
Je suis né le 10 septembre 1963, à Saint-Maurice, en banlieue parisienne. Mon père était chef de chantier dans le bâtiment, ma mère a élevé ses trois enfants. Mon nom vient de mon grand-père d’origine marocaine.
Mes débuts
J’ai décidé d’être coiffeur en une nuit. J’avais fait cinq années de pension et ça suffisait ! Ma mère m’a dit un soir : « il faut que tu te trouves un métier, sinon tu retournes en pension ». À mon réveil, elle m’a demandé si j’avais réfléchi. J’ai répondu : « je veux être coiffeur comme ma soeur aînée ». Nous avons pris le train ensemble pour Paris pour faire tous les salons,
de la Gare de l’Est jusque dans le 15e arrondissement. Après une cinquantaine de lieux, je suis entré dans un grand salon qui me plaisait, dans le 15e, Serge Saint Clos. Il prônait une conception moderne de la coiffure.
Mes premiers coups de ciseaux
À l’école de coiffure, ils m’ont demandé très vite de les représenter dans un concours de jeunes apprentis. À ma grande surprise, j’ai gagné le grand prix du Championnat de Paris. Je m’entraîne moins que beaucoup de coiffeurs, mais j’essaie toujours d’être décalé et original. Pour mon premier coup de ciseaux, je me suis fait remarquer avec une coiffure très années 1980 (rires) qui paraîtrait ridicule aujourd’hui.
Quant à mon style…
J’ai toujours été inspiré par « l’avant-garde ». Jeune, j’ai eu la chance de rencontrer un coiffeur d’origine anglaise qui avait une superbe technique de coupe. J’ai décidé de me former à Londres chez les plus grands, Vidal Sassoon, Tony&Guy, etc. Heureusement, je disposais d’un PEL qui a servi aux voyages et à la formation !
Pendant dix ans, j’ai fait des allers et retours outre-Manche et j’y retourne tous les mois pour ma clientèle. Londres me nourrit beaucoup, je trouve des idées dans la rue, les différents quartiers, les nouveaux looks. Les Britanniques sont plus débridés que nous. La dernière fois, j’ai même rêvé que je mangeais du bacon, tellement j’avais besoin d’y aller ! Du coup, mon style joue sur la mixité : le côté latin et sa douceur, contrecarré avec des choses plus provocatrices de style anglais. J’aime faire de la provoc élégante.
J’ai osé…
L’ouverture de mon premier salon, boulevard Raspail, en 1988, j’avais 25 ans (c’est aussi l’année de naissance de mon premier enfant, Ashleya). C’était l’époque du grand boom des chaînes à côté des petits salons d’artisans. Il n’existait pas d’intermédiaires. Je l’ai joué novateur : pas de tablettes, des fauteuils années 1950, les coiffeurs avaient toute liberté vestimentaire, alors qu’à l’époque la plupart étaient en noir ou en blanc. C’était un concept très anglo-saxon.
Mes projets
J’essaie de m’exporter en Chine à la rentrée. L’idée est de développer là-bas un réseau Medley en concédant la licence à des investisseurs chinois. J’ai aussi le projet de faire renaître la marque Medley avec une société de cosmétiques qui aimerait se développer en Chine.
Ma fierté
Mon entourage familial, mes trois enfants… Je prends les choses comme elles arrivent et j’essaie de bien les faire.
Si j’avais un conseil…
J’ai commencé sans argent en poche… Les jeunes ne se rendent pas compte que la passion nous animait. L’argent est arrivé après. Il ne faut pas faire ce métier pour coiffer des stars, mais pour avoir du plaisir. Quand on a du plaisir, les choses arrivent. Ne jamais se fermer à rien. À 47 ans, on me propose un projet en Chine, j’y vais ! Ce serait un projet rigolo en Laponie… pourquoi pas ?
Réponse page 44 du magazine Biblond n° 15
Commentaires
rappels toi rue de seine le salon
madame Poitou son fils
on etait ami
quand tu etais parti cela m'avais rendu triste et maintenant je suis surpris et heureux pour toi
amicalement
ismael