Philosopher en coiffure

© Jérôme Losson
© Jérôme Losson
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Assistant de Christophe Gaillet, Ambassadeur Mizutani et co-fondateur du label Alpha, Fabrice Perissinotto ne rêvait pas de devenir coiffeur mais cette carrière s’est révélée être une évidence pour cet artiste du beau.

 

 

 

Coiffer n’était pas sa vocation première, mais Fabrice a toujours eu un goût très prononcé pour tout ce qui est créatif, imaginaire, artistique. Un penchant sans doute hérité de son père, écrivain de profession. Le hasard a d’ailleurs fait que la coiffure lui tombe sous le nez durant sa scolarité. Un véritable coup de foudre. « Très vite, j’ai découvert que c’était une voie qui allait me permettre de m’accomplir, non pas sur le strict plan professionnel mais en tant qu’homme. » Tout ce qui touche à l’univers de la femme le passionne. « Tous les artistes se sont épris d’elle au point de créer d’authentiques et immortels chefs-d’œuvre. Ne parle-t-on pas de “l’éternel féminin” ? » Et comme un sculpteur appréhende la pierre, il fait du cheveu une œuvre d’art. À la fois outil de travail et reflet du savoir-faire de l’artisan, c’est une matière noble, éphémère, mais qui ne manque pas de marquer les esprits. « Une coiffure, si élaborée soit-elle, n’aura pas physiquement la durée de vie d’une Vénus ou d’un Mars de granit, mais, dans l’instant, le travail et le résultat sont comparables… »

 

Tutoyer l’artistique

Certes, il aurait pu se satisfaire de la vie en salon, mais ce n’était pas sa voie. Il lui manquait ce petit quelque chose pour qu’il puisse s’épanouir pleinement. « Dans la coiffure, c’est cette liberté de création qui, paradoxalement, constitue mes chaînes. C’est ce travail sur l’esthétisme qui fait mes angoisses, mes sueurs froides et chaudes et, finalement, mon bonheur. » Il n’a de cesse de se nourrir du travail de ses mentors pour stimuler sa créativité : Christophe Gaillet, Laetitia Guenaou et Vania Laporte, mais aussi de coiffeurs comme Robert Lobetta, Alexandre de Paris ou encore Angelo Seminera. Car même dans la coiffure, il y a des innovations, et ne pas se renouveler, c’est signer son arrêt de mort. « Nous allons tous à mille à l’heure. C’est dans le renouvellement permanent que l’on existe. Depuis les temps lointains des belles de Sumer, Thèbes ou Babylone, la mode ne cesse d’évoluer et de changer, non pour s’adapter, mais pour faire LE présent. » Ambassadeur Mizutani, il développe en parallèle avec Vania Laporte (ambassadrice L’Oréal Professionnel) le label Alpha, qui réunit une équipe artistique nouvelle génération mais aussi un centre de formation nomade.

 

Son plus beau souvenir :

« L’instant où l’on m’a remis le prix de Jeune Talent, l’an dernier. Au-delà du travail fourni étaient présents, dans mon esprit et physiquement, toutes les personnes qui m’ont formé, suivi, soutenu au long de mon parcours professionnel. N’était-ce pas la meilleure façon de les remercier et de leur montrer qu’elles avaient eu raison de croire en moi ? Voir l’émotion, les larmes dans leurs yeux était encore plus important pour moi que le titre qui m’était attribué. »

 

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