Loi macron : BP, la formation coiffure encore sur la sellette ?

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La loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques, dite « loi Macron », a été votée le 6 août 2015.

Comprenant un très grand nombre de réformes (travail du dimanche, transports, environnement, prud’hommes, professions réglementées et tant d’autres), la loi a été présentée le 10 décembre 2014 en conseil des ministres puis, deux mois plus tard, devant l’Assemblée nationale. La mise en œuvre est prévue au cours du deuxième trimestre 2015.

Dans la lignée de cette loi, un projet de loi Macron II qui irait encore plus loin sur l’ouverture des marchés est en réflexion. Un des projets envisagés concerne la libéralisation de l’accès à certaines professions. Ainsi, en ce qui concerne les métiers de la coiffure, Emmanuel Macron, ministre de l’Économie et des Finances, a déclaré : « Aujourd’hui pour ouvrir un salon, il faut que le patron ou au moins un de ses salariés ait un diplôme précis. Demain, cette obligation pourrait disparaître, avec l’espoir que cela incite de nouveaux acteurs à tenter l’aventure et donc à créer de l’emploi. » Faisant allusion au Brevet professionnel, condition sine qua non à l’ouverture d’un salon de coiffure, cette déclaration a aussitôt soulevé des réactions de la part des acteurs de secteur de la coiffure.

Dès le mois de mars dernier, les coiffeurs s’étaient déjà mobilisés.

Le mouvement Coiffure en danger a récemment lancé sur Internet une pétition intitulée : « Afin que le gouvernement renonce a son projet de loi sur la “suppression de l’obtention obligatoire du Brevet Professionnel de la Coiffure pour ouvrir un salon de coiffure” ». Plus de 2 260 personnes ont déjà fait part de leur inquiétude en signant ce document.

Il y est dit notamment : « Il est évident qu’avec la “non-obligation” de l’obtention du Brevet professionnel, les jeunes élèves (coiffeurs de demain et futurs chefs d’entreprises) ne verront plus l’utilité d’accéder à ce diplôme encore moins au BTS coiffure récemment mis en place censé remonter le niveau de notre métier. De ce fait, nous verrons à nouveau la profession tirée vers le bas, alors que nous étions les seuls à posséder un diplôme IV dans l’artisanat… »

L’Union nationale des entreprises de coiffure (Unec) est, elle aussi, très attentive et elle est prête, si cela s’avère nécessaire, à mobiliser ses troupes pour lutter contre ce projet. Bernard Stalter, président de Unec, doit en effet rencontrer le ministre de l’Économie et des Finances.

Et n’oublions pas qu’à ce stade il ne s’agit que d’un projet et que rien n’est encore formalisé.

Nous avons souhaité avoir la position de l’Unec par la voix de son président avant cette rencontre prévue pour la fin du mois de septembre 2015.

« J’ai eu l’occasion de rencontrer très récemment le ministre Emmanuel Macron et je dois dire qu’il n’a pas parlé d’“ubérisation” du métier de la coiffure. J’ai rendez-vous avec lui au lendemain du Mondial et je verrai avec lui  à ce moment-là quel est précisément son projet. Bien sûr, si ce projet consiste à déréglementer la profession et à supprimer le brevet à l’installation, l’Unec se positionnera. Notre profession est réglementée et, contrairement à d’autres, ce n’est ni un métier de rente ni un métier régi par un numérus clausus. Je ne pense pas que les salaires des coiffeurs soient des rentes comme cela existe dans d’autres métiers ! De plus, l’exigence de qualification professionnelle est loin de représenter un frein au développement des entreprises, dont le nombre est en constante progression.  Nous continuerons donc à nous positionner fortement et je demanderai à l’ensemble des 80 000 entreprises de coiffure de se mobiliser pour maintenir ce qui participe à la qualité du métier et à la protection du client. Il n’y a pas de problème de concurrence en prônant une qualification à l’installation. Elle est nécessaire à la protection du consommateur. Et, grâce aux messages de soutien que j’ai déjà reçus, je suis persuadé que la profession me suivra. »

Un dossier à suivre donc avec beaucoup d’attention dans les mois à venir…

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Catégories: Actualités
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