Le monde de la coiffure est en danger

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Auto-entrepreneuriat et dévalorisation du diplôme, deux dangers qui menacent le monde de la coiffure. Interviewé par Ouest-France, Albert-Yves Rio, président des coiffeurs d’Ille-et-Vilaine, a livré son ressenti sur le secteur et s’est offusqué de la possible réforme des diplômes. Analyse.

 

« Le nombre de salariés recule »

En effet, il y a de moins en moins de salariés dans le secteur et pour cause, beaucoup s’orientent vers le statut d’auto-entrepreneur. Par choix (coiffeurs à domicile), ou par dépit (ils ne parviennent pas à trouver un emploi)… Il y aussi une augmentation de coiffeurs exerçant au « black » en coiffant leur famille et les gens de leur quartier. Paradoxalement, c’est un secteur qui recrute en CDI comme en CDD. Principalement lors des congés maternité puisque le métier est composé majoritairement de femmes.

 

 

« Il y a trop de formation initiale »

Chaque année, 20 000 coiffeurs sont formés en France, un chiffre trop élevé proportionnellement aux 84 000 salons existants. Ce métier est séduisant et paraît facile d’accès, pourtant le salaire moyen annuel d’un coiffeur se situe entre 17 000 et 22 000 euros. Des montants faibles qui prouvent qu’il faut être un vrai passionné pour se lancer dans cette profession. Ce constat prouve que l’idée de déréglementation de la profession émise par Emmanuel Macron, le ministre de l’Économie, est illogique.

 

« La loi Noé est une attaque en règle contre notre profession »

Permettre à des gens non formés d’ouvrir leur salon sans le moindre diplôme conduirait le métier à sa perte. En effet, on compte aujourd’hui un coiffeur pour 800 habitants en France. Or, en dessous d’un coiffeur pour 1 200 personnes, il est difficile de dégager un revenu. Ainsi, s’il devient possible d’ouvrir un salon sans le moindre diplôme, le nombre d’établissements pourrait exploser, réduisant encore plus celui des clients potentiels.

 

 

« Cette loi met en danger la santé des clients »

Les produits que vous utilisez chaque jour sont à manier avec prudence. Coloration, décoloration, permanente, défrisage ou encore shampooings, toutes ces prestations font souvent appel à des produits chimiques qu’il faut manier avec une grande précaution. Dans leur cadre de leur Brevet professionnel, les coiffeurs apprennent à maîtriser et à tester des produits potentiellement dangereux. Brûlure, irritation, chute de cheveux… En cas de mauvaise utilisation, les risques sont nombreux.

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