Christophe Robin, la beauté du geste

© Hartmann
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Coloriste de renom et fondateur d’une marque que les clientes comme les coiffeurs plébiscitent dans le monde entier, Christophe Robin s’est donné pour mission de mettre en lumière la beauté qui sommeille en chacun.

 

 

 

Cette passion du cheveu ne l’a jamais quitté. On pourrait même croire qu’il est né avec. Sa mère et ses amies ont été ses premiers « cobayes » de coupe. Elles lui ont confié leurs cheveux sans hésitation, alors qu’il n’a aucune expérience à l’époque. Il faut dire qu’à Beurey, un petit village de l’Aube en région Grand Est, il n’y a pas l’ombre d’un coiffeur à l’horizon. La cuisine familiale était le point de rendez-vous de ces dames pour se coiffer. Christophe était plus que ravi de les aider, de les rendre plus belles. Très vite, il a voulu en faire son gagne-pain et il commence sa formation dans un salon à Bar-sur-Aube. À aucun moment il n’a regretté d’avoir suivi le conseil de Dominique, sa maîtresse d’apprentissage. C’est elle la première qui lui souffle l’idée de devenir coloriste. « Un métier d’avenir, selon elle. Les femmes sont plus fidèles à leurs coloristes qu’à leurs coiffeurs et c’est vrai. » Et la couleur, il n’y a rien de mieux pour rendre les gens plus beaux, révéler leurs personnalités, les accompagner tout au long de leur vie. « Plus elles vieillissent, plus les femmes ont besoin de prendre soin d’elles, de se sentir belles. » Ses études le mènent jusqu’au salon Jean-Louis David de Troyes et, à 17 ans, il monte sur Paris pour endosser le poste de formateur coloration.

 

Vers la lumière

Catherine Deneuve

 

Après avoir travaillé à la réalisation de publicités pour Jean-Louis David, il se voit confier la coloration du mannequin et actrice américaine Stéphanie Seymour pour L’Oréal Paris. Le bouche-à-oreille ne tarde pas à faire effet. Les plus grandes stars viennent tour à tour se faire colorer par ce prodige. Elles remettent au goût du jour ce service, qui était le mal-aimé des clientes. La couleur devient un accessoire de beauté. À 24 ans, il ouvre le premier salon dédié à la coloration, rue du Mont-Thabor. Il reçoit sa clientèle dans son 24m² et jamais il n’aurait pensé recevoir ce coup de fil de Catherine Deneuve. Une rencontre qui va marquer sa carrière professionnelle. Il devient une référence dans la capitale, mais il a besoin d’espace pour accueillir tout ce beau monde. Christophe s’installe d’abord dans le VIe arrondissement, mais il doit très vite en partir. En attendant de trouver un local, il aménage un espace dans le prestigieux hôtel Le Meurice. Une escale « temporaire » qui va finalement durer sept ans avant qu’il ne déménage rue Bachaumont.

 

Le temple de la beauté

Salon Christophe Robin © Romain Boe

Dans son boudoir chaleureux et intimiste, Christophe maîtrise l’art de recevoir. « Une sorte de seconde maison. Je voulais redonner de l’accessibilité à mes clientes, qui n’osaient pas forcément franchir le pas de l’hôtel Le Meurice. » Elles peuvent aussi bien prendre rendez-vous pour une couleur que s’arrêter à l’espace boutique dédié à la marque Christophe Robin. Un écrin en hommage à la célèbre Vénus de Botticelli, où elles bénéficient d’un diagnostic personnalisé et de conseils pratiques pour prendre soin de leurs chevelures. « Peu de marques sont faites par des coloristes. Sur le marché, je ne trouvais pas de produit adapté à mes besoins et je n’avais pas l’intention de créer ma propre marque. » On retrouve à présent ses best-sellers au magasin Colette, chez Sephora ou encore Monoprix, mais aussi dans 170 salons de coiffure dans le monde. Malgré tout, Christophe reste humble. « Je ne veux pas être un coiffeur dans la dorure. Comme pour la cuisine, c’est un réel plaisir d’aider les femmes à se sentir belles. »

Un conseil pour nos lecteurs ?

« Il ne faut surtout jamais se prendre pour une star car la célébrité ne dure pas. »

 

 

MINI BIOGRAPHIE

1987 : Arrivée à Paris chez Jean-Louis David comme formateur coloration

1995 : Ouverture du premier salon dédié à la coloration et rencontre avec Catherine Deneuve

1999 : Lancement de sa première ligne de soins pour cheveux colorés et sensibilisés

2004 : Devient coloriste expert pour L’Oréal Paris

2009 : Ouverture d’un espace coiffure à l’hôtel parisien Le Meurice

2016 : Déménagement du salon rue Bachaumont à Paris.

 

ENTRE NOUS

Le secret de votre réussite ?

L’humilité est indispensable pour bien s’entendre avec les gens et, bien entendu, le travail. Quand on aime les gens, on veut toujours faire de son mieux.

 

Des projets en perspective ?

Développer ma marque de produits dans le monde. Elle fait un carton, elle est notamment présente dans les plus grands salons aux États-Unis.

 

Des coiffeurs qui vous inspirent ?

Il y en a beaucoup pour qui j’ai du respect, mais ce sont les femmes qui m’inspirent. Chacune est unique et a des attentes différentes.

 

Votre vision du métier de coloriste ?

C’est un métier d’artisanat qui s’est un peu perdu au fil des années, étant donné que les coloristes étaient formés par les marques. Les clientes sont également devenues plus exigeantes. Avec les réseaux sociaux, elles sont perdues dans ce trop-plein d’infos. Mais elles ont maintenant envie de revenir vers les professionnels pour avoir de vrais conseils. Les coloristes font donc plus d’efforts et je trouve ça bien.

 

PARCE QU’IL N’Y A PAS QUE LA COIFFURE

– si tu étais une couleur : le noir, comble de l’élégance

– si tu étais un animal : le chien, mon meilleur ami

– si tu étais une nuance : celle des reflets de l’eau

– si tu étais un pays : la Polynésie

– si tu devais changer de métier : paysagiste

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