Aldrick, le barbier qui veut fédérer les coiffeurs !

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On a rencontré Aldrick Quéval, coiffeur-barbier dans le salon de coiffure Grizzly, à Paris ! Il nous explique son regroupement, D2sens, par les coiffeurs, pour les coiffeurs.

 

Portrait d’un coiffeur sur tous les fronts

 

Aldrick, 42 ans, la barbe bien peignée, chemise blanche et pantalon droit, nous explique son parcours :

 

Comme nous tous, il démarre par un CAP de coiffure, où il se spécialise dans la coiffure femme. Ce barbier n’a pas toujours été destiné à la coiffure masculine :

 

Il se forme dans les années 80, où la barbe n’était plus à la mode,  le SIDA emportait ses premières victimes, comme Klaus Nomi ou Michel Foucault.

“A l’époque, avec les rasoirs, le SIDA, être barbu, c’était “mal venu”.

Un esprit d’entrepreneuriat qu’il développe très jeune , pour lequel il se fait vite remarquer

 

Le CAP puis le BP en poche, il ouvre un premier salon mixte dans la région rennaise à tout juste 23 ans, puis deux autres. Mais Aldrick a besoin d’espace, de découvrir de nouveaux horizons. A 28 ans, il s’envole pour les États-Unis puis pour Montréal, afin d’avoir une expérience à l’étranger.

 

Il décide de rentrer à 29 ans en France, rejoint l’équipe “Business to Business” (BtoB) de Revlon, où il sera commercial sur le terrain durant un an !

Aldrick ne veut pas perdre la main et continue de coiffer, bénévolement en Normandie.

 

Par la suite, il se fait recruter par Dessange, où son esprit dynamique et entrepreneur est remarqué : il devient développeur de franchises, puis directeur de la région France ! Par la suite il devient directeur général de développement de franchise pour Moreno.

 

Il s’y plait en premier temps, mais quelque chose manque à la marque, qui le motive à quitter son poste pour continuer dans sa voie.

Ainsi, il ouvre en 2016 son salon « barbershop » Grizzly, à l’ambiance rockabilly et décoré par ses soins.

 

 

Fort de son expérience sur le terrain en tant que coiffeur et commercial, un constat : le monde de la coiffure ne sait pas séduire les indépendants.

 

Le monde de la coiffure ne sait pas séduire les indépendants

 

A ses yeux, les non-franchisés sont beaucoup trop soumis aux marques qui sont très dures en terme de négociation commerciales.

 

Le marché est trop divisé entre les grossistes, auto-entrepreneurs, franchisés, et indépendants : il faudrait fédérer ces derniers afin de s’en sortir.

 

Les salons de coiffure sont désertés par les fournisseurs, qui ne les accompagnent plus : seuls les franchisés profitent d’un réel accompagnement des marques.

 

Comment un indépendant peut faire la différence ?

“Cette différence”, précise le barbier, “Il peut la faire en négociant, seul, avec son commercial, mais ça n’est pas très efficace.

Par contre, s’il fait partie d’un groupe, qui porte et amplifie sa voix, il pèsera plus lourd dans la balance. Dans l’état actuel, les franchisés ont une parole plus lourde, mais avec un regroupement qui fédère les gens, avec 44000 indépendants en France, on peut faire bouger les choses.”

 

Un accompagnement individuel, à 360 via D2sens

 

Il décide de créer D2Sens un collectif participatif, où chacun peut se former, participer à un groupe de réflexion, être accompagné individuellement mais aussi des soirées de partage très décontractées pour calmer les tensions et fédérer ce petit univers où les marques mangent l’identité des salons.

Il veut permettre à l’indépendant de se développer, d’affirmer leur voix et style, corriger les problèmes, et surtout, rester compétitif (par exemple avec de nouvelles techniques ou en testant de nouveaux produits).

Une “veille” informationnelle a lieu au sein de son salon, et les dernières techniques sont testées chez Grizzly, comme un “crash test”.

Une philosophie : pouvoir tous s’entendre et se comprendre afin de construire des salons de coiffure avec une approche altruiste, basée sur l’entraide.

Cette aide comprend aussi un développement de l’activité digitale des salons, de leur identité, mais aussi en terme de plan de carrière, accompagnement des salariés et intéressements financiers.

C’est ainsi qu’avec son expertise en tant que coiffeur sur le terrain mais aussi commercial, où il a pu observer l’envers du décor des marques, qu’Aldrick a su s’imposer comme barbier de qualité avec une réelle réflexion vouée à faire progresser la profession.

Fort de son succès, il ouvre prochainement un second salon mixte dans le même style que Grizzly.

 

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