Mes racines
Je suis né le 17 juin 1951 à Tours d’un père italien et d’une mère d’origine belge.
Mes débuts
J’ai commencé par hasard à quatorze ans dans la coiffure. Mon père avait un ami d’enfance qui tenait un salon et j’ai commencé comme ça. J’ai fait deux apprentissages, en coiffure hommes, puis dames chez une championne internationale de coiffure. J’ai participé à des concours et j’ai été deux fois champion de France ! Après mon CAP et mon Brevet professionnel, je suis resté environ deux ans ouvrier-coiffeur dans plusieurs salons tourangeaux.
Mes salons
J’ai ouvert mon premier salon à 20 ans. C’était une création, avenue du Mans à Saint-Cyr-sur-Loire, près de Tours. C’est à cette époque que je suis devenu passionné. Je me souviens de mon premier client… C’était le 16 mai 1972, à 8 heures du matin. Un grand monsieur avec des cheveux blancs frisés est arrivé en Méhari verte. Je tremblais… Ce petit salon a été transformé trois fois. La coiffure hommes m’a permis de créer ma propre technique, avec ciseaux uniquement, dégradé fondu… Je n’imaginais pas que j’allais créer une marque qui ferait école. Et le succès est arrivé. En 1978, j’ai ouvert un deuxième salon mixte toujours à Saint-Cyr. J’ai alors imaginé un concept de salon zen, noir et blanc, avec des miroirs du sol au plafond, des cadres de coiffeuses en acier, le sol blanc et les murs noirs. Je l’ai revendu pour créer à Tours, rue du Commerce, un grand salon tout blanc, zen aussi. Douze personnes y travaillaient toutes vêtues de noir. Moi-même j’étais toujours habillé en noir, coiffé en arrière. Le salon voyait passer 1 200 clientes par mois, avec trois mois de rendez-vous d’avance.
Ma technique
Un peigne blanc de coupe, un petit ciseau 4,5 et un démêloir noir. C’est le seul outillage pour la coupe. À l’époque, j’avais créé des géométries rondes, des dégradés inversés, des effets de piquetage. Je faisais des carrés boule, beaucoup d’élévations, des casquettes. Couper les cheveux m’apparaissait comme créer un vêtement. La coiffure n’est pas liée uniquement au visage, à la texture ou à la densité de la chevelure.
Mon école
En octobre 1985, j’ouvre mon école place Michelet, à Tours. À ce moment, j’ai deux salons tourangeaux. Ma méthode est alors appréciée par beaucoup de coiffeurs. Les cinq années qui ont suivi l’inauguration de l’école ont été difficiles. C’est en 1989, avec la collection Frimousse, que le succès est arrivé. Un de mes déclics a eu lieu lors d’un show de L’Oréal. J’y étais en vedette américaine avec Jean-Louis Desforges en star. Mon équipe et moi avons fait « un tabac », alors que lui a fait « un bide ».
Mon label
En 1991, on a commercialisé le premier salon labellisé près de Caen. Je m’étais inspiré des Relais Châteaux et des Logis de France : une certaine harmonisation du savoir-faire sans la standardisation que peuvent causer les franchises. L’humain est toujours mis en avant. Il n’y a pas de numéros chez nous, je connais tout le monde. Le groupe compte aujourd’hui 120 boutiques, tout un petit monde ! Aussi bien dans les villages que dans les grandes villes. Dans la foulée, j’ai lancé mes propres cours de management destinés à mes labellisés.
Ma marque
Je souhaitais que ma marque « interpelle » le grand public. Nous sommes plutôt « le coiffeur de toute la famille », mais avec un certain standing.
Mes qualités
Je suis resté plutôt simple et abordable. Si je me considère comme ouvert et très sociable, j’évite les groupements et trop de mondanités.
Mes souvenirs
Le lancement le plus fort, c’est Diacolor pour L’Oréal dans les années 1990. J’ai sillonné la France. Beaucoup de coiffeurs s’en souviennent. Un autre de mes grands souvenirs est l’annonce par le directeur régional de L’Oréal à Poitiers de l’ouverture prochaine de mon école. J’étais très ému…